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La page Armstrong est tournée

Lance Armstrong

Lance Armstrong - -

Il devrait être l’attraction du contre-la-montre de Grenoble lors de l’avant-dernière étape. Attendu sur les routes du Tour de France, Lance Armstrong n’est plus qu’une ombre du côté de la Grande Boucle.

Autour du bus de l’équipe Radio Shack, l’ambiance n’est plus du tout la même. Quand l’an passé il fallait parfois un cordon de gendarmes pour assurer la sécurité de Lance Armstrong, cette année les journalistes et les fans ont déserté les abords des véhicules de l’équipe américaine. Alain Gallopin son ancien directeur sportif reconnaît d’ailleurs volontiers que la ferveur n’est plus la même. « C’est vrai qu’il manque une grande star, glisse-t-il. J’ai connu les deux expériences : avec lui ou sans lui. Les deux sont bien. Ce n’est pas un coureur normal. Ça dépasse le cyclisme. L’image qu’il me reste, ce sont ces gens qui viennent pour le voir, pour le toucher. »

Les chiffres plaident en faveur du Texan. Sept Tours de France au compteur, Armstrong détient le prestigieux record sur la Grande Boucle. Son histoire avec la France est loin d’être un fleuve tranquille. Et d’ailleurs aujourd’hui, même si on dit de lui qu’il est le bienvenu, plus personne ne parle de lui. « Il y a toujours un moment de flottement entre deux générations, mais je n’entends pas beaucoup de gens parler de lui, confie Jean-François Pescheux, le directeur de course. S’il vient, il sera le bienvenu, mais il est maintenant au même titre que Merckx, Hinault ou Indurain. Il n’y a pas de polémique là-dessus. »

Il félicite Farrar et Hushovd

Pas de polémique, malgré l’enquête ouverte aux Etats-Unis à son sujet. Farouche opposant à Armstrong, Frankie Andreu fait d’ailleurs partie de ceux qui affirment l’avoir vu se doper. « Je n’ai jamais compris pourquoi il était revenu, notamment parce que ce sport est très difficile, balance-t-il. C’est le passé, il y a de nouveau coureurs américains et une nouvelle génération avec des coureurs comme Schleck ou Wiggins. Pas de pancarte au bord des routes, pas de regrets chez ses anciens coéquipiers, l’ère Armstrong semble bien loin.

En froid avec le sextuple vainqueur du Tour, George Hincapie a lui passé onze ans à ses côtés. Pas question de tacler en public. Même si le visage se crispe à l’évocation du sujet. « Lance a tant fait pour le cyclisme, en particulier aux Etats-Unis, mais aussi dans le monde entier. Il a attiré l’attention des foules. Maintenant, le Tour de France, reste le Tour. Ça continue sans lui. C’est le passé, mais il doit être respecté pour ce qu’il a fait. » Annoncé pour le contre-la-montre de Grenoble, Armstrong suit la course de loin comme en témoignent ses twitts des félicitations à l’égard de Farrar, vainqueur de la troisième étape, ou encore de Thor Hushovd, toujours en jaune. Le Tour de France lui manque peut-être plus que l’inverse.

Pierrick Taisne (avec PYL et GQ)