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La Voecklermania bat son plein

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Journée tranquille pour Thomas Voeckler, qui a rejoint Montpellier sans encombre. En revanche, le maillot jaune s’est montré un brin lassé par toutes les sollicitations dont il fait l’objet. Et physiquement, fatigué par son numéro de la veille. Vivement la journée de repos ce lundi !

Ce n’est qu’un instantané saisi au départ de la 14e étape, donné à Limoux. Un simple signe, mais qui en dit long sur son degré de motivation. Dimanche matin, Thomas Voeckler avait la mine des mauvais jours en descendant du motor-home de l’équipe Europcar. Un brin lassé par tout le folklore qui escorte sa formidable épopée sur ce Tour 2011, le maillot jaune finit par lâcher : « Je ressens une petite saturation par rapport à tout ce qu’implique le maillot… Vivement la journée de repos. »
Si Voeckler était convaincu que son paletot ne tenait plus qu’à un fil, nul doute qu’il aurait joué le jeu (comme il le fait volontiers d’ordinaire), qu’il se serait « baigné » de bonne grâce dans cette foule qui n’a d’yeux que pour lui, qu’il aurait claqué des dizaines de bises et serré autant de « louches ». Bref, l’Alsacien aurait profité de ces rares instants. Sans la moindre réticence ni modération.
Oui mais voilà, cette attitude peu habituelle chez ce coureur exemplaire en terme de disponibilité traduit, aujourd’hui, non seulement une certaine forme de pression mais, surtout, une ambition nouvelle. Comme si plus rien ne devait le détourner de cette potentielle arrivée en jaune sur les Champs-Elysées… « Voeckler doit accepter cette notoriété et cet engouement, glisse Cyrille Guimard, consultant pour RMC Sport. S’il se trouve dans cette situation, c’est qu’il l’a provoquée ! Il en est l’unique responsable. C’est très bien pour le cyclisme et pour le Tour. Ceci dit, il va falloir le protéger car passer une heure et demie avec les journalistes après l’arrivée, c’est aussi un manque de récupération, mais cela fait partie des obligations. Il y a tellement de coureurs qui rêvent d’être à sa place. »

Traqué dans ses moindres faits et gestes

En revanche, pas sûr que d’autres coureurs tricolores susciteraient autant de sympathie voire d’amour de la part du public. Entre Voeckler et les Français, il est vrai que c’est une longue histoire, débutée en 2004, mise ensuite entre parenthèses et qui, finalement, ne demandait qu’à être remise au goût du jour. La Voecklermania est donc repartie de plus belle. « Il arrive, il arrive ! ». Au village départ, son arrivée (très attendue) s’est accompagnée d’un immense mouvement de foule. Sur le bord de la route, son passage et son nouveau statut ont « enfanté » de multiples pancartes à sa gloire. Du style : « Le jaune à Paris » ou « Thomas, on t’aime ». Enfin, à l’arrivée, une immense grappe humaine a tenté de traquer ses moindres faits et gestes. Le plus souvent en vain, protocole oblige.
Depuis ses trois glorieuses à Saint-Flour, Luz Ardiden et au Plateau de Beille, tout le monde veut donc approcher le phénomène. Toucher l’idole, respirer son panache, humer le parfum de l’exploit. Une démarche qui flatte l’intéressé, sans lui faire oublier l’essentiel : la course. « Je suis content que ce n’était pas une étape de montagne aujourd’hui, confie Voeckler, qui a d’ailleurs poussé un grand ouf de soulagement en franchissant la ligne d’arrivée. Le réveil a été difficile. Je savais que ce ne serait pas une bonne journée, mais j’ai essayé de ne pas le montrer. Je suis content que l’étape ait été plate, et qu’il y ait repos demain. » Un repos ô combien mérité.

Le titre de l'encadré ici

La journée de repos de Voeckler|||

Toujours en jaune à l’issue de la 15e étape, le coureur Europcar va profiter de la deuxième journée sans étape sur le Tour ce lundi pour recharger les batteries avant la dernière ligne droite : « Ce sera différent de la première journée de repos, précise Voeckler. La grosse différence, c’est que ma famille n’est pas là. On satisfera aux sollicitations le matin, un petit entraînement, repas léger, sieste puis massages. Ce sera une journée farniente. Je n’ai pas regardé en détails les prochaines étapes (Saint-Paul-Trois-Châteaux – Gap). Je sais que celle de mardi arrive à Gap, c’est un endroit où j’ai de très bons souvenirs puisque j’ai remporté mon titre de champion de France à Pont-du-Fossé tout près (en 2004, ndlr). »