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Le coup de tonnerre des Sky

Bradley Wiggins

Bradley Wiggins - -

Bradley Wiggins a largement dominé le contre-la-montre comptant pour la 9e étape du Tour de France en reléguant Cadel Evans à 1’43’’. Son coéquipier Chris Froome, 2e de l’étape, apporte une forte résonnance à la performance Sky.

Le contre-la-montre entre Arc-et-Senans et Besançon a certainement marqué un tournant dans le Tour de France 2012, ce lundi. Déjà porteur du maillot jaune depuis l’arrivée à la Planches des Belles Filles, samedi, Bradley Wiggins a conforté son avance au classement général en surclassant le premier des deux chronos programmés sur la Grande Boucle. Son premier succès sur le Tour de France pour sa sixième participation. Le triple champion olympique sur piste a parfaitement utilisé son terrain de prédilection pour réaliser un premier break dans la course à la victoire finale. Cadel Evans (6e de l’étape), tenant du titre et principal adversaire du Britannique, a été relégué à 1’43’’ et compte désormais 1’53’’ de retard sur le leader de l’équipe Sky.

L’Australien doit même se méfier de sa deuxième place, mise en danger par Christopher Froome, auteur de l’autre performance XXL du jour. Deuxième à 35 secondes de son coéquipier, le Britannique, vainqueur au sommet de la Planches des Belles Filles, revient à 14 secondes d’Evans, esseulé entre les deux têtes de la fusée Sky. « C’est un sommet chloroformé où Cadel Evans et l’opposition ont été asphyxiés, estime Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC. Les Sky ont pris le pouvoir peut-être définitivement sur le Tour de France. C’est une nouvelle page qu’on est en train d’écrire avec l’arrivée des Anglophones aux premières positions de ce classement général alors que le Tour n’est pas encore terminé. Il faudra marquer d’une pierre blanche ce contre-la-montre. »

Et maintenant, les Alpes

Même Fabian Cancellara, champion olympique de la spécialité et vainqueur du prologue, n’a pas résisté à la vague Sky en ne décrochant que la 3e place à 57 secondes de Wiggins. A l’issue de ce premier grand-rendez, seuls trois hommes restent à moins de trois minutes du coureur de 32 ans : Cadel Evans (1’53’’), Chris Froome (2’07’’) et Vincenzo Nibali (2’23’’). Après la journée de repos mardi, tout ce beau monde aura l’occasion de s’expliquer à nouveau dans les Alpes à partir de mercredi pour « le plat de résistance », avec des sommets à plus de 2000 mètres d’altitude. Avec une rampe de lancement aussi à l’aise que Froome, Wiggins semble idéalement lancé sur la voie d’un premier succès sur la Grande Boucle. « Le Tour de France est une pièce en 21 actes, nous n’en sommes qu’au 9e, tempère Cyrille Guimard. Il peut se produire beaucoup de choses. En 1971, Ocana avait plus de 7 minutes d’avance sur Merckx avant de quitter le Tour sur une chute. Sur le Tour, tout peut se produire, personne n’est à l’abri d’une défaillance. »

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Wiggins : « Une journée fantastique »|||

« La course est très loin d'être finie. Cette journée a vraiment été fantastique. Les derniers jours également. Le travail commence à payer. C'est très éprouvant, devant. On va se reposer. En tout cas, c'est vraiment génial mais c'est encore loin d'être terminé. »

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Quand Sky n’aime pas être comparée à l’US Postal…|||

C’est avec une retenue très britannique que la formation Sky a accueilli le doublé réalisé par Bradley Wiggins et Chris Froome, ce lundi. « On est très satisfait. Ça fait longtemps qu’on travaille avec Chris et Bradley, rappelle David Brailsford, le manager. C’est une spécialité pour eux. Il reste du temps avant d’arriver à Paris. Il faut être vigilant parce que la route est longue. » Sean Yates, directeur sportif, se méfie encore de Cadel Evans tout en assurant que ses deux leaders sont prêts pour affronter les Alpes à partir de mercredi. « Evans va se battre jusqu’à Paris donc oui, chaque seconde est importante à prendre. On est préparés et prêts pour la haute montagne. » Interrogé sur les comparaisons qui fleurissent entre son équipe et l’US Postal de Lance Armstrong, Yates a perdu une partie de son flegme « so british » : « Je n’en ai rien à foutre ! »

Nicolas Couet avec GQ, PYL, RP