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Le jaune lui va si bien

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler - -

Sept ans après ses dix jours en jaune, Thomas Voeckler retrouve la tunique de leader du Tour à l’issue de la neuvième étape de la Grande Boucle, ce dimanche à Saint-Flour. Après plusieurs tentatives d’échappées avortées, le leader d’Europcar est enfin récompensé sur ce Tour 2011. Amplement mérité pour ce baroudeur au panache énorme.

Thomas Voeckler est un homme têtu. Et même obstiné. « Je vais continuer d’essayer jusqu’à Paris, avait-il prévenu jeudi dernier. On verra si ça marche… » Et ça a marché. Enfin ! Le roi des échappées a vu ses efforts récompensés ce dimanche au terme de la neuvième étape. Après avoir une nouvelle fois mené la fugue durant plus de 160 km, le leader d’Europcar a endossé le maillot jaune sur les hauteurs de Saint-Flour. Une commune auvergnate qui l’avait déjà accueilli en leader lors du Tour 2004. « Ce jour-là, Virenque avait gagné en solitaire, se rappelle Voeckler. J’avais terminé cinquième, juste devant Armstrong. J’y ai pensé aujourd’hui quand tout le monde m’encourageait. Je ne m’imaginais pas reprendre le maillot jaune un jour… »

Armé de son insouciance et de son incroyable persévérance, le baroudeur de 32 ans a tout donné pour assurer son triomphe sur les routes du Cantal. Quitte à laisser la victoire d’étape à l’un de ses compagnons d’échappée, l’Espagnol Luis Leon Sanchez (Rabobank). « J’ai dû faire un choix mais ça valait le coup », résume le héros du jour. «Thomas s’est promené aujourd’hui, reconnait Sandy Casar, troisième de l’étape. Il a montré qu’il était trop fort ». Au terme d’une après-midi marquée par de violentes chutes et huit abandons, Voeckler a offert un superbe cadeau à son équipe. «C’est un personnage, un grand monsieur du cyclisme, admire Jean-René Bernaudeau, le manager d’Europcar. Il porte les valeurs du vrai sport, du panache. Thomas prend des risques pour aller marquer l’histoire. Il écrit des scénarios formidables. »

Charteau : « Il peut terminer dans le Top 5 »

Fidèle parmi les fidèles, Voeckler n’a jamais trahi son mentor. Même quand l’horizon semblait bouché. Même quand Cofidis lui assurait un avenir plus serein. Voeckler est resté auprès de Bernaudeau, en fils adoptif de cette Vendée qu’il a appris à aimer. C’est donc peu dire que le duo, sauvé par Europcar à l’intersaison, savoure sa consécration dominicale. « C’est une superbe nouvelle, jubile Anthony Charteau, l’un des lieutenants de Voeckler. Ça va faire du bien à toute l’équipe. On peut garder Thomas en jaune pendant très longtemps. Il peut terminer dans le Top 5 ! » En 2004, le natif de Schiltigheim avait passé dix jours dans le costume de leader. Avec un peu plus de 2 minutes d’avance sur les favoris du Tour, Voeckler va devoir batailler pour faire à nouveau durer le plaisir cette année. Après une journée de repos bien méritée, la défense de son maillot jaune débutera mardi à Aurillac. Avant de se compliquer à l’entame des Pyrénées.

Le titre de l'encadré ici

Sanchez en a profité|||

Luis Leon Sanchez s’est offert la troisième victoire de sa carrière sur le Tour de France (après Aurillac en 2008 et Saint-Girons en 2009) ce dimanche à Saint-Flour.  Profitant de l’échappée impulsée par Thomas Voeckler, l’Espagnol de Rabobank a su s’économiser pour faire la différence dans les derniers mètres de l’étape. Laissé sur place par l’accélération du coureur ibère, Sandy Casar, visiblement épuisé, a dû se contenter de la troisième place. « Je suis déjà content d’être là parce que, depuis le début du Tour, je n’ai pas de bonnes sensations, a confié le coureur de la Française des Jeux. Je n’ai pas les jambes. J’ai été limite toute la journée. Etre dans le final, c’est déjà satisfaisant. La journée de repos (ce lundi, ndlr) va faire du bien. J’espère que ça reviendra plus tard. »

Alexandre Jaquin avec G.Q., P.T. et P.-Y. L.