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Le « Pistolero » rend les armes

Alberto Contador

Alberto Contador - -

Incapable de répondre à l’attaque d’Andy Schleck puis lâché dans le final par le groupe laillot jaune, Alberto Contador a sans doute dit adieu à une quatrième victoire sur la Grande Boucle cette année.

L’image est saisissante. C’est même certainement l’un des clichés de cette 98e édition du Tour de France : Alberto Contador, seul, à la peine dans l’ascension du col du Galibier avec, plusieurs mètres devant lui, un groupuscule mené par Cadel Evans et dans lequel figure Thomas Voeckler. La scène se passe à un peu moins de 3 kilomètres de l’arrivée de la 18e étape du Tour et elle est édifiante : le triple vainqueur de la Grande Boucle, le tenant du titre, largué par le groupe Maillot Jaune, lancé à toute berzingue à la poursuite d’Andy Schleck. Le calvaire de l’Espagnol prendra fin quelques minutes plus tard, sans avoir caché à l’arrivée un visage sombre et souffreteux.

« Ça n’a pas été une bonne journée, confesse le Madrilène. J’ai été d’une faiblesse incroyable, je ne sais pas ce que ça va entraîner. Andy (ndlr, Schleck) a mis en place une très bonne tactique et il faut le féliciter. Cadel Evans aussi a fait un travail incroyable, il a beaucoup donné. Je ne m’attendais pas à cela mais je suis habitué à passer par des situations différentes. La victoire est pratiquement impossible. »

« Pas la fluidité qui était la sienne »

Le mot est lâché. Sauf incroyable renversement de situation, Alberto Contador ne paradera pas dimanche sur les Champs-Elysées avec le Maillot Jaune de vainqueur sur le dos. Le Pistolero, qui pointe à 4’44 de Thomas Voeckler et qui a vu dans la matinée sa douleur au genou droit se réveiller, n’a plus les moyens de faire feu sur les prétendants à la victoire finale. C’est au Galibier qu’il a enterré ses dernières cartouches en même temps que ses ultimes illusions.

« Il était déjà loin au classement général, rappelle l’ancien directeur sportif Cyrille Guimard. Il avait déjà perdu 1’40 le premier jour lorsqu’il avait été pris dans une chute. Mais il n’a jamais démontré l’aisance, la facilité, la fluidité qui était la sienne lors de ses dernières victoires sur le Tour de France ou même récemment sur le Tour d’Italie. Il a fait illusion mardi et mercredi sur des ascensions relativement courtes et en usant aussi de ses bonnes qualités de descendeur. Là, il n’a pas fait illusion outre-mesure. » C’est donc en spectateur que Contador devrait désormais assister au grand final.