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Le Tour, un business juteux

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Accueillir une étape du Tour de France a un prix, aussi bien pour les organisateurs qui engrangent un joli pactole, que pour les villes étapes qui doivent passer à la caisse avant de bénéficier de jolies retombées.

Toutes les villes, tous les terroirs rêvent d’accueillir une étape du Tour de France. Les organisateurs de la Grande Boucle le savent bien et n’hésitent pas, du coup, à facturer 55 000 € hors taxes le départ d’une ville, 90 000 € une arrivée et 145 000 € le package départ + arrivée. Un coût à portée de portefeuille de bon nombre de municipalités, départements ou autres régions.

L’an dernier, les trois jours passés en Bretagne avaient coûté 620 000 €, en partie réglés par le Conseil général des Côtes d’Armor, mais aussi par les villes de Mûr de Bretagne et Fréhel. « Le Tour de France est un des principaux vecteurs en matière de communication pour montrer les attraits touristiques et le patrimoine d’un territoire », avait alors justifié le président du CG22.

500 000 € dans les caisses

Les retombées pour les villes qui accueillent le Tour de France sont loin d’être négligeables. Il y a d’abord les retombées directes, liés à la caravane du Tour et ses 4500 suiveurs (coureurs, organisation, journalistes,…) qu’il faut loger et nourrir. Du coup, les hôtels sont complets, les restaurants bondés et les commerçants se frottent les mains.

Les jours qui précèdent le passage de la course puis le jour de l’étape, on estime à 150 € la dépense moyenne effectuée par ceux qui viennent voir la course. Au total, les retombées directes d’une étape sont d’environ 500 000 €. Et puis, il y a l’effet induit. C’est l’effet le plus difficile à estimer, mais c’est incontestablement le plus puissant et le plus durable.

Combien de téléspectateurs ont été séduits par les images de la télévision, par les récits historiques sur le patrimoine de telle ou telle région ? Nul ne le sait, mais l’effet induit dure des années. On estime ainsi à 10% de fréquentation touristique en plus l’année qui suit le passage du Tour.

Pascal Perri