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Les rivaux de Wiggins jouent la descente

Bradley Wiggins

Bradley Wiggins - -

Invisibles dans les ascensions, les concurrents de Bradley Wiggins pourraient attaquer le maillot jaune dans les descentes ce jeudi pour la plus dure des étapes alpestres. A l’instar de l’Italien Vincenzo Nibali, ce mercredi.

Leurs maillots noirs, leurs lunettes. Les « Men in black » font peur, autour d’un « Yellow submarine » qui n’a pas l’air décidé à couler. Il y a même un chevalier blanc pour les emmener dans le premier col hors catégorie du Tour de France 2012, le champion de Norvège, Edvald Boasson Hagen. Derrière eux, c’est le calme plat. Personne ne bronche. Jusqu’au passage au sommet. Après que le Belge Jurgen Van Den Broeck (Lotto-Belisol) eut tenté en vain d’accélérer en pleine ascension, Vincenzo Nibali (Liquigas) ouvre un autre front de combat. Dans la descente. L’Italien place une accélération, distance le Britannique Bradley Wiggins et sa garde rapprochée. Il rejoint son coéquipier Peter Sagan, maillot vert échappé depuis le départ et parfait relais pour une telle tentative.

La tactique du descendeur offre un peu plus d’une minute d’avance au vainqueur de la Vuelta 2010. Mais il reste une côte, le col de Richemond (3e catégorie), et Sky redémarre le moteur. Richie Porte et Chris Froome rassurent leur leader. Vincenzo Nibali est ramené à la raison et seul Jurgen Van Den Broeck (8e du général à 4’48) parvient à reprendre 32 secondes à l’arrivée en sortant avec Pierre Rolland. « C’était super dur mais on a bien travaillé, donc tout était bien, explique Bradley Wiggins à l’arrivée. Je n’étais pas inquiet, on est resté calme. » Même quand il a vu partir l’Italien dans la descente du Grand Colombier ? « Tout le monde dit qu’on est prenable en descente mais pfff… » lâche, légèrement agacé, l’homme aux rouflaquettes.

Rolland : « La Sky est vraiment très forte »

Le même plan de bataille pourrait être repris ce jeudi, entre Albertville et La Toussuire (148 km). Au programme, les cols de la Madeleine (hors catégorie), de la Croix de la Fer (hors catégorie) et du Mollard (2e catégorie). Et autant de descentes avant la montée finale vers La Toussuire (1e catégorie). « Il faudra d’abord élaguer avant d’attaquer, prévient Cyrille Guimard. Bradley Wiggins a une équipe extraordinaire autour de lui. Il n’y a jamais de panique. La machine Sky ne s’est absolument pas enrayée aujourd’hui (mercredi). » S’il n’aime pas la comparaison avec l’US Postal de Lance Armstrong, Bradley Wiggins sera peut-être forcé de reconnaitre une certaine ressemblance.

Car depuis la première étape de montagne, à La Planche des Belles Filles, il est très difficile de s’extirper du train Sky. « Moi, il a fallu que je m’y prenne à plusieurs reprises pour sortir du peloton, souffle Pierre Rolland. L’équipe Sky était encore vraiment très forte. Il a fallu attendre qu’ils ne soient plus très nombreux. Et puis moi, je suis très loin au général. Je ne suis pas un danger direct pour eux. » Pour Cadel Evans, Vincenzo Nibali et les autres prétendants au maillot jaune, il n’y aura pas de bons de sortie. A moins que l’ex-vététiste et l’Italien poussent Bradley Wiggins à la faute dans les virages serrés des descentes alpines…

LP avec PYL, GQ, RP