RMC Sport

Moinard, un Frenchie chez les Ricains

-

- - -

Chez les Américains de BMC, le Normand a choisi d’être le fidèle gregario de l’Australien Cadel Evans. Il évoque sa mission remplie de dévouement et d’abnégation. Il parle aussi de son leader et des autres Français, souvent montrés du doigt.

« Fier de représenter BMC »

« C’était un challenge que je voulais tenter l’année dernière. Je n’ai pas laissé filer cette chance. Je suis fier de porter ces couleurs et de représenter BMC pour le vélo en France. Je n’avais pas trop de problème avec la langue puisque j’ai des notions en anglais. Cela ne me faisait pas peur. Maintenant, il faut mettre ses ambitions de côté. Pas d’échappé, pas de victoire d’étape. Je suis simplement là pour aider Cadel (Evans). Pour certains, ça peut paraître frustrant. Mais j’avais envie de passer à autre chose et de tenter cette expérience. Tous les matins, je me dis : « Je dois être à la hauteur. » Je n’ai pas le droit d’être moins bien. Je dois être présent tous les jours. »

« Mon ambition ? Protéger Cadel »

« Je trouve que c’est avoir beaucoup d’ambition que de dire qu’on se met à la disposition d’un homme capable de gagner le Tour de France. On est là pour être devant le peloton, pour assurer les responsabilités de la course, être présent tous les jours. Mais je me suis dit qu’à 28 ans une expérience comme celle-ci ne se représentera peut-être pas. J’ai pesé le pour et le contre, mais je me suis dit qu’il était temps de passer à autre chose. Et de ce que je vois aujourd’hui, ça m’apporter beaucoup sur le plan personnel et professionnel. Je dois être présent dans les étapes de moyenne montagne et dans le final. Je reste souvent dans la roue de Cadel pour le protéger ou reboucher des cassures. »

« Evans est minutieux et concentré »

« Quand la course est terminée, c’est quelqu’un de souriant, d’agréable à vivre et qui aime parler de sujets différents. C’est agréable de côtoyer quelqu’un comme ça. Sur le vélo, il est minutieux et concentré. Dans ces moments là, il ne faut pas le déranger. Nous sommes juste là pour l’amener dans les meilleures conditions dans les derniers kilomètres. J’espère qu’on l’amènera sur la plus haute marche du podium. On ferra tout pour l’aider au maximum. Un podium serait une réussite, une victoire la cerise sur le gâteau. On y croit tous autour de lui.

« J’essaie de sauver la peau des Français... »

« La réputation des coureurs français à l’étranger n’est pas toujours très bonne. Nous sommes considérés comme des attaquants. Ici, c’est différent. Ce sont huit coureurs pour un homme. J’ai une meilleure connaissance du cyclisme français que mes coéquipiers, alors ils viennent parfois me demander des informations sur les coureurs. Parfois, j’essaye aussi de sauver la peau de mes compatriotes et leur disant que ce sont des bons coureurs qui méritent le respect, même s’il ne sont pas là pour jouer les premières places du général. Ils ont parfois l’image du Français qui attaque pour faire de la télé. Mais on en a besoin. Ça se respecte. Chacun son niveau et chacun ses objectifs. Je suis une sorte de médiateur. »