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Moncoutié, l’homme du 14 juillet

David Moncoutié

David Moncoutié - -

Seul vainqueur français un jour de fête nationale encore en lice sur ce Tour de France, le grimpeur de Cofidis aborde cette deuxième partie de Grande Boucle avec des ambitions à la hausse. Avec la montagne qui approche, c’est également son appétit de victoires qui grandit.

Il ne faisait pas bon mettre un Moncoutié dehors en ce début de Tour de France. Bien plus à l’aise quand la route s’élève, plutôt que sur les routes trempées de Vendée ou de Bretagne, le Lotois de 36 ans a connu dix premiers jours très discrets. Bien caché dans le peloton. Lors de la 11e étape de mercredi, le coureur de Cofidis est même arrivé dans le deuxième peloton, à 5’43 des meilleurs. « Avec ce temps, ce n’est pas facile », soufflait-il au village départ.

Car Moncoutié est un gars à part. Un solitaire qui n’aime pas frotter et préfère se coller en queue de peloton quand l’emballage final s’amorce. « Quelqu’un de simple, de détendu qui ne gamberge pas trop et ne se pose pas trop de questions, continue son manageur Eric Boyer. Il a du talent, mais s’il avait le caractère d’un Hinault, d’un Fignon ou d’un Voeckler, son palmarès serait encore plus garni. » Un constat que partage celui qui lui a fait signer son premier contrat pro. « S’il avait le tempérament de Voeckler, il aurait été un vainqueur de Tour potentiel », embraye Cyrille Guimard.

Il hésite à passer pro

Aujourd’hui consultant pour RMC Sport, l’ancien directeur sportif d’Hinault, Fignon ou LeMond se souvient de sa première rencontre avec le coureur. C’était en août 1996, en Vendée lors des championnats de France. Guimard veut lui faire signer son premier contrat pro chez Cofidis en 1997, mais le principal intéressé hésite. « Il était plus dans le vélo-loisir que dans le vélo de compétition, poursuit Guimard. Quand je lui ai parlé d’entraînement, ça lui a fait très peur. » A l’époque, il n’avait jamais roulé plus de 80km en une journée.

Quatorze ans plus tard, les choses n’ont pas tellement changé. Il s’entraîne bien plus, mais continue à prendre le vélo comme une passion. Vainqueur de trois classements de la montagne sur la Vuelta (un record pour un étranger), il a également levé les bras à deux reprises sur le Tour de France dont un 14 juillet 2005 à Digne les Bains. Rebelote ce jeudi à Luz-Ardiden ? « Ça serait beau, mais on va essayer de faire au mieux, glisse-t-il. Le 14 juillet, c’est une date dont se souvient le public. Mais c’est déjà bien de gagner. » Ce fils de facteurs a une idée derrière la tête.