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Monin, la règle d’or du Tour de France

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Ancien champion olympique de cyclisme sur piste, Jean-Michel Monin est devenu une figure de l'organisation du Tour de France. En charge de la régulation des motos, le Francilien retrace son parcours.

27 Juillet 1996, dans le vélodrome d’Atlanta, finale de poursuite par équipe des Jeux Olympiques. La France est opposée à la Russie. Dans le collectif tricolore, quatre hommes : Christophe Capelle, Philippe Ermenault, Francis Moreau et Jean-Michel Monin. Monin qui, à 29 ans, découvre les J.O. et que personne n’attendait là. Au bout de 4 kilomètres d’efforts, les Français arrachent ce qui à ce jour reste la dernière médaille d’or olympique de la discipline pour la France.

Jean-Michel le dit, ce titre olympique a marqué sa vie. L’image qu’il en garde ? « La dernière ligne droite, dit-il sans la moindre hésitation. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. A la sortie du dernier virage, j’ai levé la tête, et j’ai su qu’on avait gagné. Et là c’est le moment le plus fort. »

« Je n’avais jamais mis les fesses sur une moto ! »

Quasiment seize ans après jour pour jour, le natif d’Argenteuil a mis son vélo de côté au profit d’un titre presque aussi impressionnant que l'or olympique : « Je suis responsable sportif à la direction du cyclisme du département des compétitions d’ASO », égrène-t-il. Son rôle, au moins aussi complexe que son intitulé laisse présager, est celui de régulateur moto. Pédagogue, il décrit : « Je dois réguler et m’assurer que le coureur peut circuler librement en anticipant les voitures intercalées par exemple. »

Une fonction complexe qu’il a découverte il y a onze ans. De manière très atypique. Monin confie : « En 2000, j’ai pris le petit déjeuner avec Jean-François Pescheux (directeur d’ASO) qui m’a alors dit que son pilote allait partir à la retraite. Il m’a proposé de faire le Tour de l’Avenir puis Paris-Tours en étant son pilote. Après ça, j’ai postulé au service sportif et j’ai été pris en février 2001. Avant ce job, je n’avais jamais mis les fesses sur une selle de moto ! »

Et s’il avoue avoir déjà eu peur en montagne, en expliquant que « dans les Pyrénées, ce n’est pas très large et il y a beaucoup de monde », la tension devrait monter d’un cran dès mercredi à l’occasion de la première grande étape pyrénéenne. Une étape qui promet d’être agitée pour tout le monde, à commencer par la direction de course et de Jean-Michel Morin, un régulateur en or.