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Mouilleron vibre pour Voeckler

Mouilleron-le-Captif

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Le village vendéen du maillot jaune ne rate pas une miette de l'aventure de son héros, encore leader jeudi soir à l’issue de la 18e étape en haut du Galibier.

Mouilleron-le-Captif, jeudi en fin d’après-midi. Dans le bar-tabac de la place de la mairie, c’est le silence complet. Un silence qui sera rompu quelques instants plus tard, lorsque, sur l’écran de télévision du lieu, le visage grimaçant de Thomas Voeckler apparaît en gros plan. « C’est fou. C’est complètement dingue. C’est trop génial, ça fait une journée en plus. On a les larmes aux yeux à le voir se battre comme ça. » Renée Noëlle n’est pas en larmes. Mais les propos de la fleuriste traduisent l’émotion qui étreint les habitants du village dans lequel le héros du Tour réside depuis 2001.

Dans ce bourg vendéen de 5 000 habitants, ils sont tous ou presque à défiler dans le bar d’Arnaud, le propriétaire du lieu. Pour acheter des cigarettes, le journal du jour bien sûr mais surtout pour suivre l’épopée de Thomas Voeckler. « On est tous à donf’ dans cette histoire-là, confie Arnaud, ami du coureur d’Europcar, qu’il accueillera à son retour avec du champagne, victoire ou non. On suit ses performances tous les jours. » A l’image d’un feuilleton estival dont on ne saurait se priver, comme le buraliste qui s’arrête de travailler l’après-midi pour ne pas rater une miette du Voeckler show. Ou comme Philippe Darniche, le maire de la commune, qui met également ses activités en veilleuse, sitôt le Tour parti. « J’ai regardé l’étape dans un foyer, entouré de quarante jeunes, raconte l’intéressé. Il y avait une grosse ambiance. Ça criait. »

Si certains ont leur rituel devant la télévision, d’autres, comme Philippe Darniche ont, outre l’intention d’installer des banderoles maillot jaune partout dans la ville, leur façon à eux de soutenir le coureur. « Je lui envoie un texto tous les jours pour lui faire part de mon admiration. Je sais qu’il les lit sur la table de massage. Mais ce n’est pas ça qui le fait gagner », lance un brin énigmatique le maire. Quelle est donc la recette du phénomène ? « Il faut avoir des forces incroyables pour faire ce qu’il fait. Je pense qu’il veut épater sa fille Lila, qui est née deux jours avant le début du Tour de France. Je pense qu’il veut lui dédicacer toutes ses victoires. » Et continuer à captiver un village tout entier.