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Prudhomme : « Que Wiggins soit soumis à la torture ! »

Christian Prudhomme

Christian Prudhomme - -

Le directeur du Tour de France espère deux choses : des étapes spectaculaires dans les Pyrénées ces mercredi et jeudi. Et des attaques concertées des rivaux du maillot jaune pour le suspense.

Christian, le Tour arrive dans les Pyrénées pour deux jours. Pouvez-vous nous parler de ces deux étapes montagnardes ?

C’est un parcours en deux jours où tout peut être bouleversé. On me dit : « Il n’y a plus de Pyrénées… ». Il y a toujours des Pyrénées et les coureurs vont s’en rendre compte. D’autant plus qu’il va faire chaud et ça va certainement jouer. On annonce 30, 32°C. Ce sont deux étapes complémentaires. Celle de Pau à Luchon, étape historique, étape des grands cols : Aubisque, Aspin, Tourmalet, Peyresourde et l’arrivée à Bagnères-de-Luchon au pied du dernier col. Et le lendemain une étape dense, nerveuse, courte un peu sur le modèle de l’étape de la Toussuire ou de l’Alpe d’Huez l’an passé. Sur les 50 derniers kilomètres, il n’y a pas un mètre de plat au sens propre. Et l’arrivée de cette deuxième étape est magnifique : un théâtre naturel avec des lacets, et où les gens vont pouvoir s’installer pour suivre l’étape de près.

Quel scenario imaginez-vous dans les Pyrénées ?

Tout est possible. Mais maintenant, je ne vais pas vous cacher que Bradley Wiggins est fort et que son équipe est puissante. Ce que j’espère simplement, c’est qu’il n’y ait pas d’attaque désordonnée et que ses adversaires Nibali, Evans, Van Den Broeke attaqueront de concert. S’ils ne le harcèlent pas, ils n’y arriveront pas.

Justement, que pensez-vous de Wiggins ?

C’est déjà un coureur d’exception : triple champion olympique de poursuite, six ou sept fois champion du monde. Une grosse carrière et un gros moteur. On le savait, on l’avait découvert il y a trois ans sur le Tour : après sa cure d’amaigrissement, il pouvait aussi briller dans la montagne. C’est un homme qui a souvent le sens de la formule. C’est un personnage et il est habité par l’Histoire du Tour de France. Ça ferait un beau vainqueur du Tour. Mais je n’espère qu’une chose : qu’il soit soumis à la torture dans les deux étapes qui viennent (sourire).

Cette petite rivalité qui pourrait naitre entre Wiggins et son coéquipier, Froome… Ça ne vous rappelle pas des choses ?

Si, ça me fait penser à ce qu’on a connu il y a 25 ans avec Bernard Hinault et Greg LeMond. Je me dis que la forte chaleur qui arrive d’un seul coup pourrait jouer un rôle. C’est du costaud, c’est du solide, c’est du lourd. Froome aura-t-il mieux géré la journée de repos que son équipier ? Les adversaires de la Sky auront-ils mieux géré la journée de repos ? Ce sont de véritables points d’interrogation, et j’adore les points d’interrogation (sourire).