RMC Sport

Tour de France (10e étape) : Des Quatre Fantastiques, il ne reste déjà rien

On annonçait ce Tour de France plus relevé que jamais. Mais après une étape de montagne, Quintana, Contador et surtout Nibali ont sans doute fait une croix sur la victoire finale, incapables de suivre Christopher Froome dans le col de Soudet.

Un par un, ils ont tous explosé. En moins de cinq minutes. En moins de cinq kilomètres d’ascension. D’abord Vincenzo Nibali, puis Alberto Contador quelques minutes plus tard, avant que Tejay Van Garderen ne décroche à son tour. A sept kilomètres du sommet du col de Soudet, ils n’étaient déjà plus que trois : Froome, Quintana et Porte. Alors quand le maillot jaune s’est décidé à accélérer, le Colombien n’a même pas essayé de suivre. Déjà dans le rouge, dès la première étape de montagne du Tour. Comme toute la meute de prétendants à la victoire finale au départ d’Utrecht. Etat des lieux après l’hécatombe de la Pierre-Saint-Martin.

Quintana le seul à limiter la casse

Pendant six mois il s’est caché, chez lui en Colombie, pour préparer le seul grand objectif de sa saison. Réputé excellent grimpeur, Nairo Quintana avait fait le plus dur en sortant de la première semaine à moins de deux minutes de Christopher Froome. On s’attendait à un duel entre les deux hommes. Duel qui prit forme à la moitié du col de Soudet quand le grimpeur de la Movistar se retrouva seul avec Froome et Porte. Mais de duel, il n’y a jamais eu. A peine l’Australien effacé, le maillot jaune a produit son effort pour laisser sur place Quintana. Monté au train et arrivé à une minute du Britannique, l’Apache a limité la casse. Mais voir Richie Porte le dépasser dans les cent derniers mètres n’incite vraiment pas à l’optimisme.

Van Garderen et Contador ont explosé

Après dix minutes d’ascension ce mardi, le groupe maillot jaune avait déjà explosé. Parmi les survivants du train Sky : Quintana, Valverde, Gesink, Van Garderen et Contador. Mais l’Espagnol puis l’Américain ont rapidement craqué. Apparu déjà peu en jambes lors de la première semaine et souvent en retrait au sein du peloton, le coureur de la Tinkoff-Saxo, n’a pas cherché à lutter. Affecté par l’abandon de son coéquipier Ivan Basso qui souffre d’un cancer des testicules, ou éreinté par les efforts déjà fourni sur le Giro il y a deux mois, El Pistolero a passé la ligne d’arrivée à 2’50’’ de Froome. Van Garderen, lui, a concédé 2’30’’ sur le vainqueur du jour. S’il reste son dauphin au classement général après cette 10e étape, le leader de la BMC n’est clairement pas au niveau. Pour preuve, même les Français Pierre Rolland et Tony Gallopin l’ont laissé sur place dans les derniers kilomètres de la montée. A ce rythme-là, sa place sur le podium du Tour appartiendra vite au passé.

Nibali, grimpeur anonyme

Vainqueur du Tour de France 2014 avec une facilité déconcertante, Vincenzo Nibali va apporter de l’eau au moulin de ceux qui attribuaient sa victoire aux abandons des principaux cadors l’an dernier. Déjà distancé de dix secondes à Mûr-de-Bretagne, l’Italien n’a pas été digne d’un tenant du titre ce mardi. Dès que la route s’est élevée, le Requin de Messine a coulé. Lâché parmi les premiers coureurs, le coureur d’Astana s’est vite retrouvé au sein d’un groupe de coureurs anonymes, le visage très marqué. A l’arrivée, l’addition est plus que salée : plus de quatre minutes de retard sur Christopher Froome. Encore dixième du général après cette étape, Nibali pointe à sept minutes du maillot jaune. Derrière Gallopin, derrière Barguil. Avec cette forme-là, terminer dans le Top 10 pourrait déjà tenir de l’exploit.

Rémi Farge