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Tour de France: les étapes ennuyeuses, c'est fait exprès

Chris Froome et les Sky contrôlent la course

Chris Froome et les Sky contrôlent la course - AFP

Beaucoup d'étapes de plaine sans grand intérêt sur cette édition du Tour 2017, mais rassurez-vous, c'est (presque) fait exprès

Le scénario était immuable. Deux ou trois coureurs partent au kilomètre zéro. un Wanty-Groupe Gobert, un Team Fortuneo-Oscaro et éventuellement un troisième comparse qui passait par là et a vu de la lumière. Le peloton laisse partir pour que les échappés ne soient pas trop nombreux, mais resserre la vis rapidement. L'écart ne dépasse pas les 5 minutes, et les échappés sont repris à sept kilomètres de l'arrivée, Kittel gagne au sprint et les télespectateurs en sont quitte pour une bonne sieste. Pour ceux qui n'ont pas réussi à s'endormir, la colère gronde.

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"Tour ennuyeux", "pas d'attaques", "parcours trop plat". Autant de critiques que Thierry Gouvenou, directeur de course du Tour de France interrogé par RMC Sport, comprend mais tempère. "Il faut savoir que le TDF, c’est 21 jours et on ne peut pas demander aux coureurs du TDF d’être à 100 % pendant 21 jours. Il faut forcément des étapes de transition."

"Avoir des étapes de montagne plus plaisantes"

Des étapes de transition, certes, mais cette année, contrairement aux années passées, ces étapes sont beaucoup moins animées, la faute à un tracé sans surprise. La aussi, c'est fait exprès. "L’an passé, on avait peut-être fait une erreur en mettant trop d’étapes de montagne et en fin de compte, les étapes de montagne n’étaient pas si intéressantes, explique Gouvenou. Cette année, on a fait le choix d’avoir des étapes de plaine où on est sûrs à l’avance qu’il ne va pas se passer grand-chose, pour ensuite avoir des étapes de montagne plus plaisantes."

La faute aussi aux équipes qui n'osent pas assez, comme l'avait déjà fait remarqué Yoann Offredo, un des rares attaquants de ce Tour. "Je pense aussi qu’il y’a beaucoup d’équipes qui sont trop frileuses, reconnaît Thierry Gouvenou. Lorsqu’on voit Bodnar qui se fait rattraper à 300 mètres, on se dit que s’il y avait une volonté des équipes d’attaquer dans le final, elles pourraient mettre en danger les équipes de sprinters. On se demande aussi pourquoi il y a tant d’alliances entre les équipes de sprinters, pour au final faire une troisième ou quatrième place qui passe inaperçue sur le Tour de France."

Heureusement, c'est la fin de cet intermède douloureux, puisque ce jeudi, la route du Tour s'élève et les favoris pourraient bien recommencer à s'expliquer. Pas de sieste aujourd'hui, dans la vidéo ci-dessous, Christopher Froome promet du spectacle

PT et PK