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Tour de France : Rui Costa, des bouquets et des regrets

Rui Costa vainqueur de la 19e étape du Tour de France

Rui Costa vainqueur de la 19e étape du Tour de France - -

En s’imposant pour la deuxième fois en quatre jours ce vendredi sur le Tour de France, Rui Costa (Movistar) a renforcé l’impression que sa place était peut-être parmi les meilleurs. Le double vainqueur du Tour de Suisse (2012, 2013) avait un autre rôle à jouer que celui d’équipier de luxe.

Saint-Amand-Montrond, cimetière de ses ambitions cachées. Au matin de la 13e étape, Rui Costa était 9e du Tour de France. Le soir à Saint-Amand-Montrond, il arrivait avec 9’54 de retard sur Chris Froome et les autres principaux candidats à une belle place au classement général. Une addition salée pour un choix tactique discutable, celui des directeurs sportifs de Movistar. Après la crevaison d’Alejandro Valverde, seul Nairo Quintana a eu le droit de rester à l’avant. Rui Costa, lui, a été obligé d’attendre son leader. Et de renoncer au top 10. Le Portugais (26 ans) a montré cette semaine qu’il était plus qu’un équipier de luxe. Deux victoires d’étape, à Gap mardi puis au Grand-Bornand ce vendredi. Deux attaques dans la dernière difficulté, le col de Manse puis le col de la Croix Fry.

« Le but était d’être dans l’échappée du jour, explique le désormais triple vainqueur sur le Tour de France après Super Besse en 2011. Mais je ne pensais pas que j’allais gagner. On s’est un peu inquiété quand Rolland et Hesjedal ont pris de l’avance. Mais on était assez nombreux dans le groupe derrière. C’était plus facile pour nous. » Sacrifié au nom du collectif à Saint-Amand-Montrond, Rui Costa a transformé en bouquets sa liberté individuelle acquise en guise de compensation. Et trouvé aussi, dans ce Tour aux sentiments mêlés, quelques atouts dans le cadre des négociations sur la prolongation de son contrat. Eusebio Unzué, le patron de Movistar, lui offrirait deux ans de plus et un salaire qui le satisferait, selon des indiscrétions de la presse espagnole. Mais d’autres équipes du World Tour sont sur le coup.

Double vainqueur du Tour de Suisse

Les nuages qui étaient apparus au-dessus de la tête de Rui Costa en 2010 paraissent désormais bien loin. Une bagarre spectaculaire avec l’Espagnol Carlos Barredo sur le Tour de France. Puis un contrôle positif à un stimulant. Au bout de cinq mois, il avait prouvé qu’un complément alimentaire avait été contaminé. Aujourd’hui, l’horizon semble dégagé pour le Portugais. Double vainqueur du Tour de Suisse (2012, 2013), vainqueur des Quatre Jours de Dunkerque (2009) et du Grand Prix de Montréal (2011), le natif de Póvoa de Varzim, dans le nord du Portugal, n’a pas fini de se montrer à l’avant. « C’est un gagneur, souligne Francis Lafargue, ancien porte-parole de la Banesto de Miguel Indurain et ex-membre du staff de la Caisse d’Epargne, devenue la Movistar. On lui reprochait d’être un petit peu individualiste mais c’est un excellent coureur. C’est un garçon en pleine forme et le talent est là. Il fait partie des meilleurs. » Rendez-vous en 2014.

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