RMC Sport

Vélo, repos… mercato

Après deux saisons chez Ag2rLa Mondiale, Péraud est sur le marché des transferts.

Après deux saisons chez Ag2rLa Mondiale, Péraud est sur le marché des transferts. - -

Les journées de repos sur le Tour de France sont l’occasion pour les agents et les managers de négocier des contrats avant l’ouverture officielle du marché des transferts. Un phénomène encore peu connu du grand public.

C’est un endroit idéal. Pour les managers des équipes et les agents de coureurs, le Tour de France, qui rassemble la grande famille du cyclisme, est l’occasion rêvée de nouer des contacts, voire de débuter les tractations en vue d’un transfert. Et les journées de repos s’avèrent les meilleurs moments. C’est ainsi que Philippe Gilbert, qui portait le maillot Omega Pharma-Lotto en 2011 et Thor Hushovd, alors chez Garmin - Cervélo avaient été, dès le 12 juillet l’an dernier, annoncés chez BMC. Le « mercato » s’ouvrant officiellement le 1er août, il avait fallu néanmoins attendre quelques semaines avant la confirmation de la nouvelle.

« Les transferts se font de plus en plus tôt dans la saison, même si la règlementation UCI nous oblige officiellement à ne signer des contrats qu’à partir du 1er août », reconnaît Vincent Lavenu, le manager général d’Ag2rLa Mondiale, qui convoiterait l’Estonien de Cofidis, Rein Taaramae. Selon Stéphane Heulot, le manager de Saur-Sojasun, certaines équipes n’attendent même pas cette date pour faire signer les athlètes : « Je pense qu’il y a beaucoup de contrats antidatés ». Brice Feillu, passé d’Agritubel à Vacansoleil puis de Leopard-Trek à Saur-Sojasun en trois ans seulement ne s’étonne guère, « le Tour se déroulerait en février, ce serait différent mais après le Tour, il reste seulement deux mois de saison, ça passe très vite ».

Coppel, Riblon, Péraud en fin de contrat

De fait, les approches sont nombreuses dès le mois de juillet et les agents, de plus en plus présents dans le monde du cyclisme, se montrent très actifs. « On a à peu près 45 coureurs sous contrat majoritairement français, expose Michel Gros, agent de Brice Feillu. Quinze à vingt sont sur le Tour. » Entre la veille du jour de repos et la reprise de la course, les rendez-vous s’enchaînent pour l’agent tricolore, certifié UCI. Selon les années, il y a plus ou moins de travail : « On a une trentaine de coureurs en fin de contrat donc c’est une année très chargée », affirme Gros qui doit recaser, entre autres, Jérôme Coppel (Saur), Christophe Riblon, Jean-Christophe Péraud (Ag2rLa Mondiale), et Yauheni Hutarovich (FDJ).

L’agent négocie des contrats de deux ans en moyenne, avec le meilleur salaire possible, de « 8 000 à 10 000 euros mensuels sur le Pro Tour », assure-t-il. Certaines équipes, comme Sky, vont jusqu’à offrir des contrats annuels de 3 millions d’euros. « On ne joue pas dans cette cour-là, précise tout de suite Vincent Lavenu. On ne pourrait pas s’offrir Bradley Wiggins ». Depuis la nouvelle réglementation UCI qui accorde des points à chaque coureur (et donc une certaine valeur), les salaires tendent vers la hausse. Une bonne nouvelle pour les coureurs. Pas forcément pour leurs employeurs…

Sylvie Marchal, avec PYL et GQ