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Voeckler : « De toutes mes forces »

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler - -

Toujours leader de la Grande Boucle, le Français, héroïque, est allé au bout de lui-même ce jeudi. Tout en gardant sa lucidité et sa modestie. Récit d’une défense de maillot jaune inouïe.

Thomas, quelle journée…

Oui, je me suis vraiment battu de toutes mes forces. Je suis tombé sur un gros Andy Schleck qui aurait très bien pu me prendre le maillot. J’ai beaucoup tiré profit de l’effort de Cadel Evans. Mais c’est la course, il ne l’a pas fait pour me faire plaisir. Ça fait neuf jours que l’équipe Europcar assume la course, mais aujourd’hui on n’avait pas d’intérêt à travailler derrière Andy Schleck, et cela m’a permis de sauver le maillot à un fil.

Avez-vous été surpris par l’attaque d’Andy Schleck dans l’Izoard, puis de la défaillance de Contador dans le Galibier ?

Je n’étais même pas au courant de la défaillance de Contador, je l’ai apprise après la ligne d’arrivée car je ne me suis pas trop retourné. J’avais plus peur qu’il en mette une bonne à deux kilomètres du sommet. L’attaque d’Andy, je n’en étais pas surpris puisque les Leopard-Trek avaient deux coureurs dans l’échappée. Je savais bien que ce n’était pas pour faire joli... C’était gros comme une maison qu’un des deux Schleck allait essayer de sortir du peloton, et que les deux figurant dans l’échappée allaient servir de relais. C’était bien joué, encore fallait-il pouvoir le faire. On a fait avec nos moyens, et l’équipe Europcar a été extraordinaire, notamment avec Pierrot (Pierre Rolland, ndlr) sur le final. C’est génial !

Racontez-nous l’extraordinaire fin de course…

Frank Schleck est venu parler à Cadel Evans, et j’ai demandé à Frank : il est à combien ton frère ? Il m’a répondu qu’il ne savait pas, et il avait raison de ne pas me le dire… Donc j’ai demandé à Pierre Rolland, qui m’a répondu que l’écart était de 3 minutes. Je savais alors qu’il fallait absolument rouler pour conserver le maillot jaune. Le petit relais que Pierre Rolland a pris, avec celui de Cadel Evans, ont fait que l’écart s’est un peu réduit. Je ne savais pas que l’écart était si important.

Avec seulement quinze secondes en votre faveur, à quoi peut-on s’attendre ces deux prochains jours ?

On va voir, cela ne dépend plus de moi. Quinze secondes, c’est une marge infime par rapport aux meilleurs grimpeurs du monde. Je suis maintenant tributaire de l’état de forme des autres en espérant que demain (vendredi), j’arrive à avoir les mêmes jambes qu’aujourd’hui (jeudi).