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Voeckler, le jour de trop

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler - -

Après dix jours en jaune, Thomas Voeckler a dû laisser la première place du classement général au Luxembourgeois Andy Schleck ce vendredi à l’Alpe d’Huez. C’était l’étape de trop pour le Français, désormais 4e à 2’10’’. Mais son aventure restera dans les mémoires.

Seul, à se dresser sur ses pédales, à serrer les dents et à souffrir énormément. Il avait le public pour le pousser, quand personne n’était devant lui ou dans sa roue. Mais c’était l’étape de trop, ce vendredi, pour Thomas Voeckler. C’était l’effort impossible, au lendemain d’un énième exploit au sommet du Galibier. Cette fois, « Ti-Blanc » n’avait plus les jambes pour suivre les cadors du Tour de France et prolonger le rêve jusqu’à l’irréelle perspective de devenir le premier vainqueur tricolore depuis 25 ans.

Le leader d’Europcar est d’abord revenu, dans le Télégraphe, sur Alberto Contador et Andy Schleck. Puis il a lâché, comme Cadel Evans. L’Australien devait ensuite changer de vélo. Il laissait seul le Français, qui espérait revenir sur la tête de course dans la descente du Galibier. « Il a pris beaucoup de risques, reconnaît son manager, Jean-René Bernaudeau. Il a cru que Contador et Andy Schleck n’allaient pas s’entendre. Il lui a manqué 25 secondes pour revenir. On l’aime parce qu’il prend des risques, parce qu’il fait le spectacle. On ne peut pas lui reprocher d’avoir joué et perdu. »

Sifflé par les Néerlandais

Il a jeté son bidon par terre, de rage, quand il a compris que le jaune lui échappait. Il n’a pas pu, non plus, retenir sa colère à l’arrivée, alors qu’au bas de l’Alpe d’Huez, le regroupement des favoris avait été général. Les motos de télévisions, qui ont favorisé selon lui l’échappée d’Alberto Contador dans le Télégraphe par leur aspiration (« il n’a pas besoin de ça pour l’aider »), et les supporters néerlandais étaient dans le viseur du Français.

« Ils m’ont sifflé parce que je n’ai pas attendu Hoogerland l’autre jour. On voit le fair-play de certaines personnes. » Héros fatigué, le Vendéen avait l’esprit tourmenté. Au même moment, à Mouilleron-le-Captif, chez lui, ses supporters l’applaudissaient. Comme tous les Français qui pendant dix jours, auront été ébahis par ce petit bagarreur qui a fait trembler les gros. Tous retiendront qu’il a été formidable de courage de l’Auvergne aux Alpes en passant par les Pyrénées, de Saint-Flour à Serre-Chevalier. Dix jours en jaune. Vingt en comptant 2004. Une épopée inoubliable.