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Wiggins-Froome, les masques tombent

Chris Froome et Bradley Wiggins

Chris Froome et Bradley Wiggins - -

Bradley Wiggins (Sky) devrait remporter le Tour de France dimanche à Paris. Mais lors de la dernière étape pyrénéenne, remportée ce jeudi par Alejandro Valverde, c’est son coéquipier Chris Froome qui était le plus fort.

Et si le vainqueur du Tour 2012 n’était pas celui qui revêt le maillot jaune depuis maintenant douze jours ? A l’issue de cette 17e étape entre Bagnères-de-Luchon et Peyragudes, la dernière en montagne, les millions de spectateurs auront eu confirmation de ce que l’on pressentait déjà au regard des étapes alpines : Christopher Froome est bien le coureur le plus fort de la Grande Boucle, meilleur que son leader chez Sky, Bradley Wiggins, pourtant programmé pour remporter son premier Tour de France à 32 ans. Froome, déjà rappelé à l’ordre par son directeur sportif lors de la 11e étape alors qu’il s’envolait dans la montée de La Toussuire, a une fois de plus démontré sa toute puissance dans les derniers kilomètres de la montée vers Peyragudes.

Plus à l’aise, plus costaud, il a tiré Wiggins vers l’arrivée alors qu’il aurait pu s’échapper à 3 km de la station pour tenter de griller sur le fil Alejandro Valverde, vainqueur final. « Depuis le début, on a roulé comme une équipe. J’ai sept très bons coéquipiers », a reconnu celui qui montera dimanche sur la première marche du podium à Paris. Submergé par l’émotion au moment de franchir le col de Peyragudes, Wiggins a justifié sa moindre performance dans la dernière montée par le fait qu’il avait pris conscience qu’il terminerait vainqueur. « La concentration était partie. Je pensais à ma famille et à toutes les personnes qui m’ont aidé. Chris m’encourageait : ‘‘Allez, allez, on prend plus de secondes !’’ mais j’étais dans un autre monde. »

Nibali, la fausse attaque

Jamais le coureur britannique n’aura été menacé lors de ces deux dernières étapes pyrénéennes, si ce n’est par son propre coéquipier, qui a promis de se « battre pour la victoire sur le Tour » dans les prochaines années. Cadel Evans (BMC), une nouvelle fois défaillant dans la montée du col de Peyragudes, avait déjà accumulé trop de retard. Jurgen Van den Broeck (Lotto-Belisol) s’est contenté de suivre. Quant à Vincenzo Nibali (Liquigas), son rival le plus dangereux, il n’a jamais osé partir. Après 35 km, pourtant, l’Italien avait rejoint l’échappée du jour, laissant derrière lui le groupe maillot jaune à 25 secondes. Mais après discussion avec Valverde, il décida de lever le pied et de réintégrer le groupe de Wiggins où roulaient la plupart de ses coéquipiers.

Par manque de jambes ou volonté de ne pas faire de l’ombre à l’ancien cador du peloton, le 3e du classement général a finalement terminé l’étape avec 37 secondes de retard sur le premier. Et ce sont les Français, qui, une fois de plus, ont assuré le spectacle, Thibaut Pinot (FDJ-BigMat) prenant une belle 4e place juste derrière Froome et Wiggins. Pierre Rolland (Europcar), 5e à 26 secondes, pointe désormais en 8e position du classement général. Enfin, Thomas Voeckler (Europcar), impressionnant de volonté, a définitivement mis au chaud son maillot à pois en passant les trois premières difficultés en tête devant son principal concurrent Fredrik Kessiakof (Astana).

Le titre de l'encadré ici

Valverde, le revenant|||

Alejandro Valverde (Movistar) s’est imposé entre Bagnères-de-Luchon et Peyragudes (143,5 km) au terme d'une échappée solitaire débutée à 35 kilomètres de l'arrivée. Une  quatrième victoire sur la Grande Boucle synonyme de rédemption après deux ans de suspension pour sa culpabilité dans l’affaire Puerto. « Je suis très ému par cette victoire. Elle efface tout le passé, a déclaré l’Espagnol. Ce Tour a été très difficile, pour moi et pour l'équipe. On a renoncé au classement général pour privilégier les étapes. J'y suis allé à fond. »

Sylvie Marchal avec GQ, PYL, RP