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Wiggins joue les équipiers modèles

Bradley Wiggins

Bradley Wiggins - -

Présent aux avant-postes ce samedi pour emmener Edvald Boasson Hagen au sprint, le maillot jaune a surpris par son dévouement… mais également par ses propos piquants à l’encontre de Richard Virenque et du dopage en France.

Amassés sur le bas-côté des rues du Cap d’Agde, les spectateurs venus assister à l’arrivée de la 13e étape ont bien cru rêver. Habituellement bien calé dans les roues de ses lieutenants au moment de l’emballage final, Bradley Wiggins est sorti de sa réserve pour emmener le peloton dans le dernier kilomètre. Plus qu’un excès de zèle, le Britannique a souhaité remercier à sa façon un de ses coéquipiers, Edvald Boasson Hagen, pour son travail effectué dans les étapes alpestres. Un « EBH » qui n’en demandait pas tant et qui n’avait jamais osé rêver à meilleur poisson-pilote.

« Parfois, c’est mieux de faire l’effort en 1ère position plutôt qu’en 20e ou en 30e car il peut y avoir des cassures, explique Wiggins au micro de France 2. Et on peut perdre le Tour pour deux secondes. Edvald était super cette semaine pour moi, donc c’était pour le remercier. » Pas forcément nécessaire mais à risques, la prise d’initiative du leader de la Sky lui aura au moins permis de se dégourdir les jambes, puisqu’à part une timide attaque de Cadel Evans dans le Mont Saint-Clair, il n’aura pas été inquiété. « On était dans un groupe de 50, avec peu de sprinteurs, donc c’est un emballage qui n’avait rien de très dangereux, souligne Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC Sport. Il se met en tête et comme c’est un poursuiteur, il sait emmener très vite. Il se met simplement dans une position d’équipier. »

Guimard : « C’est bien d’avoir des personnages »

Si cette 13e étape a donc été plus que tranquille sur la route pour Bradley Wiggins, l’agitation a été plus forte en coulisses. Ne jouissant pas d’une cote de popularité très importante dans l’Hexagone où ses excellentes performances suscitent quelques interrogations, l’ancien pistard a tenu à réagir. Et il n’y est pas allé par quatre chemins, s’en prenant notamment à Richard Virenque. « L'attitude à l'égard du dopage au Royaume-Uni n'est pas la même qu'en Italie ou en France, où un coureur comme Richard Virenque peut se doper, être pris, être suspendu, revenir et être un héros national », a-t-il déclaré au Guardian.

Une sortie qui n’a évidemment pas fait que des heureux, au premier rang desquels le principal visé. « J’ai été suspendu, j’ai payé et je suis revenu donc je crois que le public a fait son choix, lance Virenque. J’ai prouvé de quoi j’étais fait et c’est peut-être ça qui le dérange. Je n’ai rien à dire si ce n’est que ça le dérange peut-être que le public m’aime tant aujourd’hui. C’est peut-être ce qui lui manque mais il a tout à prouver sur le Tour. »

Plus compréhensif, Cyrille Guimard approuve même les propos de Wiggins. « Les Français ont pardonné à Virenque car c’était la coqueluche, lâche-t-il. Tout le monde pense un peu la même chose mais personne ne l’exprime de cette façon. C’est bien d’avoir des personnages qui ont du charisme. » Un personnage qui a donc bien occupé le devant de la scène ce samedi, là où finalement personne ne l’attendait.

Alexandre Alain avec Rémi Perrot