RMC Sport

Dopage : l’UCI évoque un retrait de licence

Pat McQuaid

Pat McQuaid - -

Dans une réunion avec les manageurs des équipes ce lundi, Pat McQuaid a comparé le spectre du dopage actuel à l’affaire Festina. L’UCI prône une sévérité sans faille. Treize ans après, les vieux démons ont la dent dure.

Il suffit parfois de pas grand-chose pour glacer une assemblée. Un mot suffit. Surtout quand il renvoie aux heures les plus sombres traversées par le cyclisme. A l’occasion de la cession annuelle de l’UCI, Pat McQuaid est monté au créneau alors qu’une affaire de dopage semble rattraper l’équipe italienne Lampre. Le président de la plus haute instance du cyclisme a même brandi le spectre de « l’affaire Festina ». « Le ton était ferme », note un premier directeur sportif. Quant à Didier Rous, coureur à l’époque de « l’affaire », il va encore plus loin : « Je pense que l’UCI a été trop dilettante à un moment donné, souligne le directeur sportif Cofidis. Ils attendent que le torchon brûle pour faire ce qu’il faut. En 1998, c’était le moment de prendre des décisions et de sanctionner. »

La menace se fait donc de plus en plus précise. Même s’il n’a pas cité le moindre de nom de formation ou d’équipe, McQuaid a indiqué que certains coureurs avaient des résultats « potentiellement dangereux ». Porte-parole de l’UCI, Enrico Carpani précise : « Il n’a pas hésité à comparer l’affaire italienne au cas Festina. Il a dit que si cela devait être le cas, ça voudrait dire que malgré nos efforts et nos succès indiscutables, la situation générale n’aurait pas changé de façon radicale. Cela serait dû à la mentalité ancrée dans plusieurs équipes. » Alors forcément on s’interroge sur la suite.

Stratégie de la terreur ?

L’UCI attend que les enquêtes se poursuivent. Et s’il devait se confirmer, via le passeport biologique notamment, que certaines formations sont ancrées dans un système de dopage organisé, « un retrait de licence pourrait être envisagé », continue Carpani. Et quid des menaces que certains ont voulues prêter à l’UCI ? « L’UCI n’a jamais brandi le spectre des révélations publiques, conclut Carpani. On n’utilise pas les révélations publiques comme arme de dissuasion contre qui que ce soit. Quand l’UCI fait des révélations c’est qu’elle a des faits avérés et des preuves. On n’utilise pas la stratégie de la terreur qui nous paraît inopportune. »

P.Ta. avec Q.G. à Bruxelles