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Paris-Nice : pourquoi Bardet peut briller

En forme, Romain Bardet a notamment impressionné Vincenzo Nibali sur le Tour d’Oman. Un nouveau test se profile à partir de dimanche sur Paris-Nice, avec cette fois l’opposition des Porte, Thomas ou Contador. Après un bon hiver, le leader d’AG2R-La Mondiale semble armé pour briller sur une course qui ne lui a pourtant jamais vraiment souri.

Parce qu’il a mûri

Il le reconnait lui-même : « Paris-Nice est une course qui ne m’a pas forcément réussi par le passé. Ça m’incite à de la prudence. On dit qu’on apprend de ses désillusions. Ça été le cas pour moi sur cette course par le passé. » Quatorzième en 2015, 20e en 2014, Romain Bardet ne s’est jamais mêlé à la lutte pour la victoire dans la Course au Soleil. Il n’avait d’ailleurs pas franchement l’envie d’y retourner cette année. Le parcours, avec notamment une belle arrivée à la Madone d’Utelle la veille de la dernière étape, l’a fait changer d’avis. Pour lui, un bon Paris-Nice se solderait par une victoire d’étape. « Le général viendra avec » explique-t-il. « Romain est jeune mais a déjà été leader d’équipe. Il apprend vite. Ce ne sont pas les années qui font l’expérience. Et Romain le prouve », complète son coéquipier Alexis Vuillermoz.

Parce qu’il est leader unique

A 25 ans, il a longtemps partagé le leadership de l’équipe AG2R-La Mondiale avec Jean-Christophe Péraud. Avec la retraite annoncée de ce dernier en fin de saison, il se retrouve seul en première ligne. « Ce n’est jamais quelque chose que j’ai revendiqué, nuance le principal intéressé. J’ai même demandé à JC s’il ne voulait pas venir sur le Tour encore cette année. J’ai réussi mon meilleur Tour de France quand Jean-Christophe était là. Ça n’a jamais été un frein, au contraire. Maintenant, c’est le temps pour moi aussi de prendre plus de responsabilités. » Deuxième au classement général du Tour d’Oman, mais aussi sur l’étape reine remportée par Vincenzo Nibali, il a prouvé que le costume n’était pas trop grand.

Parce que l’hiver a été bon

Les voyants sont au vert. Le renforcement de l’encadrement (direction générale et nouveaux entraineurs) n’y est sans doute pas étranger. Pas question pour autant de se croire arrivé alors que la saison ne fait que commencer. « Je suis content de mon mois de février, mais quand on arrive en avril ou mai, le mois de février est oublié. Attention, c’est quand même mieux pour la confiance de faire un bon début de saison et de ne pas être à la recherche de ses sensations. » Bardet se sait surveillé sur cette course. Comme d’autres. « Cela ne m’occupe pas l’esprit. Je ne suis pas le favori, loin de là. Je vais être l’un des outsiders. J’aurai sans doute moins de liberté. Les prétendants sont en nombre important. »

Pierrick Taisne