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Vélo truqué - Guimard : "L’UCI a opté pour la politique de l’autruche"

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Pour Cyrille Guimard, l’affaire du moteur retrouvé dans le vélo d’une concurrente belge aux Mondiaux de cyclo-cross est tout sauf une surprise. Le membre de la Dream Team RMC Sport estime que l’Union cycliste internationale s’est rendue complice du scandale en n’agissant pas assez tôt.

« Nous avions la conviction profonde que ces assistances électriques étaient utilisées depuis un certain nombre d’années. Il y avait eu l’affaire Cancellara sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix (en 2010). Quels que soient les cas, l’Union cycliste internationale n’a jamais voulu ouvrir une véritable enquête. Elle a plutôt opté pour la politique de l’autruche en se disant « pourvu qu’il ne se passe rien »…

Avant le départ du dernier Tour de France, je disais qu’on était sans doute à la veille d’un scandale peut-être plus grand encore que celui du dopage. Aujourd’hui, on a la confirmation que ce dopage mécanique existe dans le sport cycliste. Et je le redis, ce scandale s’est fait avec la complicité de l’UCI, qui n’a jamais voulu ouvrir des enquêtes. Ils sont bien gentils de dire qu’ils ont mis des choses en place maintenant mais cela fait quatre ans qu’on le dit et qu’on a des exemples à tous les niveaux. On sait que c’est utilisé. Et je vais peut-être jeter un pavé dans la marre mais pour que ce genre de choses existent, il faut vraisemblablement que les constructeurs de vélo soient dans la boucle.

« Ils ont peur de trouver des stars »

Il y a des niveaux de performance qui ne sont absolument pas normaux. Il faut écouter les techniciens du vélo comme moi, ou Mario Cipollini qui a allumé les méchés sur le dernier Tour d’Italie concernant, entre autres, Contador. Il ne faut pas se mettre la tête sous terre et attendre qu’il se passe quelque chose. A un moment, il faut que tout ça éclate.

Aujourd’hui, ils ont piqué une petite gamine (la Belge Femke van den Driessche), qui est vraiment le bas de gamme alors qu’ils auraient pu taper beaucoup plus haut. Mais comme pour le dopage, ce n’est pas le mal que l’on veut soigner mais surtout éviter des problèmes d’image. Sauf que l’image, elle finit un jour par tomber. C’est facile de trouver si on a la volonté de le faire. Mais ils ont peur de trouver des stars. On tape sur le lampiste pour justifier maintenant la mise en place d’un véritable système de recherche. »

Antoine Arlot