RMC Sport

Vinokourov persiste et signe

Alexandre Vinokourov

Alexandre Vinokourov - -

Vexé par son échec de la veille, Alexandre Vinokourov remporte au panache et en solitaire la 13ème étape du Tour de France. Un succès pour l’honneur, puisqu’il n’y a aucun changement au classement général.

La veille à la même heure, Alexandre Vinokourov passait sa rage, les deux poings serrés, sur son guidon. Ce samedi après-midi, un large sourire aux lèvres, il enlace dans ses bras son leader chez Astana Alberto Contador quelques secondes après avoir passé la ligne d’arrivée en vainqueur.

Un scénario qui lui avait filé sous le nez vendredi à deux petits kilomètres de Mende. A croire que la victoire du jour est la résultante de la défaite de la veille. Car « Vino » s’est appliqué à ne pas faire les mêmes erreurs. Dans une étape de plaine avec une difficulté – la Côte de Saint-Ferréol - située à moins de 10 kilomètres de l’arrivée, le Kazakh a patiemment laissé le peloton reprendre l’échappée du jour pour sortir au pied de la pente.

Et signer en spécialiste de ce genre de victoires en solitaire (Gap en 2004 et les Champs-Elysées en 2005) sa quatrième victoire sur le Tour. Une sorte de rachat pour le banni, interdit de Grande Boucle il y a trois ans à la suite d’un contrôle positif au transfert sanguin. Aux sprinteurs, les miettes de la deuxième place. Troisième, Alessandro Pettacchi (Lampre) en a profité pour reprendre le Maillot Vert à son principal adversaire, Thor Hushovd, grâce à une meilleure position.

Une échappée de 170 kilomètres

Dans le rôle des malheureux baroudeurs du jour, deux Français et un Espagnol: Pierrick Fédrigo (Bbox Bouygues) et Sylvain Chavanel (Quick Step) ainsi que Juan Antonio Flecha (Sky). Partis au bout de 6 kilomètres, les trois hommes ont compté jusqu’à 6 minutes d’avance sur le peloton lors de leur échappée longue de 170 kilomètres. Toutefois, cette étape entre Rodez et Revel était l’une des dernières occasions de s’imposer au sprint d’ici à Paris. Sous l’effet conjugué du train d’enfer mené par les équipes de Cavendish, Petacchi et Andy Schleck et du vent de face dans les grandes lignes droites haut-garonnaises, l’écart s’est réduit comme peau de chagrin à l’approche du finish.

Malgré l’entente sacrée du trio, il est repris sous la banderole des 10 kilomètres. Pourtant, il était écrit que Revel s’offrirait à un puncheur… Jamais, en huit fois, la victoire dans ce chef-lieu de canton ne s’est jouée au sprint. Neuf, maintenant, avec le sacre de « Vino ».

Maxime Marchon