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Désarmant…

Cécilia Berder

Cécilia Berder - -

Pour la première fois depuis 1983, l’équipe de France a achevé les épreuves individuelles des Mondiaux sans médaille, vendredi à Budapest. Il ne reste plus que les épreuves collectives pour éviter le même zéro pointé qu’aux derniers JO.

L’escrime française comptait sur son voyage à Budapest pour enrailler son recul dans la hiérarchie mondiale. La journée de vendredi l’a ramenée 30 ans en arrière, lors de Mondiaux viennois conclus sans la moindre médaille en individuel. Béline Boulay n’était pas encore née mais c’est à elle qu’est revenue la lourde tâche d’éviter le mauvais remake. Seul sabreuse qualifiée pour les huitièmes de finale, elle n’a rien pu faire contre la Hongroise Anna Varhelyi (15-7).

Plus tôt dans la journée, Cécilia Berder avait frôlé l'exploit face à la championne olympique sud-coréenne Kim Ji Yeon, s’inclinant 15-13 après avoir longtemps été en tête. « Ça ne passe pas loin mais ça passe pas… Que je perde 15-0 ou 15-13, le résultat est le même. C’est pire que de la déception. Je sens que j’ai les cartes en mains, que je progresse. Je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même et retourner travailler. » Un constat qui vaut pour l’ensemble d’une équipe de France une nouvelle fois décevante en Hongrie. Ces championnats du monde devaient pourtant servir à relancer la machine, un an après le premier zéro pointé olympique depuis 1960.

Peeters : « J'attends un comportement de guerrier »

Le rajeunissement des troupes et l’établissement de passerelles entre les différentes armes étaient censés insuffler « confiance en soi et cohésion », selon le directeur technique national Christian Peeters. Mais certaines attitudes ont encore déçu à Budapest, même si l’ambiance au sein du groupe est beaucoup moins lourde qu’à Londres l’an dernier et si les résultats restent malgré tout en adéquation avec les classements mondiaux, dans lesquels aucun Français ne figure dans les quatre premières places de son arme. « Je reste sur ma faim. J’attends vraiment plus et j’espère que les athlètes vont se redresser, peste tout de même Peeters. Je ne suis pas content du bilan mais je demande un peu de temps aussi. Faire deux pas en arrière pour faire cinq pas en avant, c’est aussi important. Je souhaite qu’il y ait un comportement de guerrier et on va s’y employer. »

C’est ce qui sera attendu dès ce samedi lors du début des épreuves par équipes pour éviter un premier fanny total aux Mondieux depuis 1981. Si les sabreurs auront du mal à ouvrir le compteur tricolore, les filles du fleuret auront un bon coup à jouer, elles qui sont montées sur le podium de chaque épreuve de Coupe du monde cette année. L’autre grande chance de médaille reposera dimanche sur les épées de Daniel Jérent, Alexandre Blaszyck, Ulrich Robeiri et Ivan Trevejo, revanchards après avoir complètement raté leur épreuve individuelle. « On a pris des coups mais il faut réagir, expliquait jeudi leur entraîneur Hugues Obry. On ne peut pas se lamenter sur notre sort. Il faut donner le meilleur, se lâcher. » Et passer enfin des paroles aux actes.

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La rédaction