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L’argent fait le bonheur des Bleues

Les Françaises médaillées d'argent en fleuret par équipes

Les Françaises médaillées d'argent en fleuret par équipes - -

Après un zéro pointé en individuel, l’équipe de France d’escrime a ouvert son compteur aux Mondiaux de Budapest avec la médaille d’argent de l’équipe féminine de fleuret. Un groupe soudé pour une breloque qui fait du bien.

Louis Aragon et Jean Ferrat avaient raison. La femme est l’avenir de l’homme. En escrime, elle va même jusqu’à le sauver. Avec un zéro pointé au terme des épreuves individuelles (une première depuis 1983 dans des championnats du monde), un an après la bulle olympique des Jeux de Londres, l’équipe de France d’escrime a traversé le début des Mondiaux de Budapest comme un fantôme. Pour éviter une « Fanny » intégrale, restait un espoir. Les épreuves par équipes. Et notamment le fleuret féminin, présent sur le podium de chacune des épreuves de Coupe du monde cette saison. Encore fallait-il assumer. Ne pas laisser l’esprit s’embrumer de pression, surtout après l’élimination des sabreurs en huitième. Mission accomplie, avec un parcours achevé en finale face à l’Italie (18-45).

Vilains petits canards de l’escrime tricolore il y a huit ans, les fleurettistes ont prouvé pourquoi elles en étaient devenues les leaders sous l’impulsion de l’entraîneur Franck Boidin et de son adjoint Emeric Clos. Médaille d’argent méritée, donc. Qui fait du bien, surtout. Les scènes de joie tricolore dans les gradins à l’issue de la demi-finale racontent ce soulagement. Les discours aussi. « Ils étaient tous derrière nous, on entendait leurs voix, explique Ysaora Thibus. Ça reflète notre motivation mais aussi celle de toute l’équipe de France. On était tous unis. » Et Boidin d’appuyer : « Un cercle vicieux se mettait en place et il fallait l’enlever de la tête. Les filles l’ont fait d’une très belle manière. Ça a redonné du sourire et la patate à tout le monde. C’est une médaille qui va redonner une bonne dynamique à tout le collectif. Les filles ont réussi à transmettre des émotions et une idée du combat. J’espère que tout le monde va s’en inspirer. »

Guyart : « Avec nos tripes »

Présidente de la Fédération, Isabelle Lamour va dans le même sens : « Cette médaille va permettre de libérer un peu tout le monde. Les filles se sont comportées comme de vraies guerrières. » « Ce sont des filles qui donnent, qui n’hésitent pas à bosser, à se remettre en question », juge Boidin. Collectif soudé où chacune aura su faire l’effort nécessaire pour sortir les copines d’une mauvaise passe. Les gros relais de Thibus et Astrid Guyart face au Mexique (45-26) en 8e. Le 7-0 de Guyart pour prendre le large contre la Pologne (45-29) en quarts. Le dernier relais de Corinne Maitrejean pour passer de 37-40 à 45-42 dans une demie de folie (une heure et demie !) face à la Russie, championne du monde en titre.

En finale, la puissante Italie, championne olympique et d’Europe, sera un obstacle bien trop grand, même sans triple championne olympique Valentina Vezzali, remplaçante. Mais la démonstration de force (45-18) de la « Dream Team » transalpine du fleuret – avec la championne olympique Elisa Di Francisca et la récente championne du monde Arianna Errigo – ne doit pas faire oublier la belle journée tricolore. « C’est beau car elles sont parties de loin, je suis très fier d’elles », estime Boidin. « On n’avait jamais été vice-championnes du monde, ça reste extraordinaire, on a été la chercher avec nos tripes », lance Guyart. « On a toutes été bonnes sur certains relais, on s’est toutes soutenues, c’était génial », s’enthousiasme Thibus. Génial. Le mot est si bien trouvé.

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Alexandre Herbinet avec Rodolphe Massé à Budapest