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Les Français à la pointe de l’ambition

Gauthier Grumier

Gauthier Grumier - -

Avec Corinne Maitrejean, Astrid Guyart et Ysaora Thibus, le fleuret féminin ouvrira le bal de l’escrime tricolore ce samedi à 10h30 (entrée en lice des Françaises à 11h50). Malgré leurs limites, les escrimeuses comptent bien tenir leur rang.

L’escrime française a toujours entretenu une histoire particulière avec les Jeux Olympiques. Les chevaliers de l’ère moderne ont rapporté plus d’1/6e de l’ensemble des médailles olympiques françaises, soit 115 sur les 644 décrochées. Et pourtant, épéistes, sabreurs et fleurettistes se présentent à Londres dans la peau d’outsiders, à l’image du fleuret individuel féminin (Corinne Maitrejean, Astrid Guyart et Ysaora Thibus) qui débute ce samedi. Avec seulement 11 engagés, le plus faible total de l’histoire des JO de l’ère moderne, l’escrime française ne sera présente que sur 8 des 10 épreuves. Mais malgré ses limites, l’équipe de France d’escrime est bien décidée à jouer les trouble-fêtes.

« Les Jeux ne sont pas pour les favoris, mais pour les audacieux, lance le directeur technique national, Eric Srecki. Il est inutile d’attendre une deuxième expérience olympique pour accrocher une médaille ». Le clan français, composé de sept néophytes (neuf avec les remplaçants), se reposera sur Gauthier Grumier, médaillé d’argent aux Mondiaux de Paris, mais surtout sur les deux équipes de fleuret. Souvent dans l’ombre de l’épée et du sabre, elles seront les seules à pouvoir glaner des médailles au clan français dans les épreuves par équipes.

Flessel : « Là pour être des pickpockets ! »

Malgré une saison compliquée et des qualifications difficiles, Laura Flessel, choisie comme porte-drapeau de la délégation française, n’est pas à Londres pour faire de la figuration. « Laura ne s’est pas engagée dans cette énième campagne olympique pour ne pas aller chercher de médaille », confirme le DTN, Eric Srecki. Avec cinq médailles olympiques (deux en or, une d’argent et deux de bronze), la « Guêpe » compte bien mener son équipe vers le sacre olympique. « On n’a pas à avoir honte, on va aller chercher la gagne, prévient la double championne olympique. La compétition est rude, on le sait. On a tous bien travaillé donc maintenant, à nous les médailles ! On veut tout rafler, on est là pour être des pickpockets ! »

Diminuée mais pas abattue, l’escrime française est bien décidée à venir jouer les audacieuses. « On n’est pas dans le creux de la vague, lâche le sabreur Boladé Apithy, qui participera à ses premiers JO. Les anciennes générations vous ont mal habitué. Nous avons à cœur de bien faire figurer le sabre et l’escrime française ». Des escrimeurs ambitieux, à l’image d’Eric Srecki. Malgré un effectif réduit, l’ancien double champion olympique (sabre par équipes en 1988 et en individuel en 1992) n’a pas hésité à placer la barre haute : « On a l’objectif de venir décrocher 3 médailles dont une d’or ». Un total qui serait tout de même le plus faible de l’escrime tricolore depuis les Jeux de Séoul en 1988…

Le titre de l'encadré ici

Vezzali puissance quatre ? |||

Porte-drapeau de la délégation italienne, Valentina Vezzali débarque à Londres avec l’unique objectif de marquer l’histoire. Avec 13 titres mondiaux au compteur, la fleurettiste est en quête d’une historique 4e médaille d’or olympique consécutive. Tous les regards seront donc tournés vers celle qui est déjà la seule escrimeuse à avoir remporté trois titres olympiques en individuel (Sydney en 2000, Athènes en 2004 et Pékin en 2008). En cas de triomphe à Londres, la championne de 38 ans réaliserait l’exploit de décrocher une 4e breloque d’or aux JO. Du jamais-vu en escrime…  Avec Valentina Vezzali dans ses rangs, l’Italie compte bien garder sa mainmise sur la discipline. Lors des derniers Championnats du monde à Catane (Sicile), les escrimeurs transalpins avaient empoché 11 médailles dont 4 en or.

Alexandre Mispelon avec G.Q.