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Nisima, l’Europe en tête

Maureen Nisima

Maureen Nisima - -

Championne du monde en novembre au Grand Palais, l’épéiste Maureen Nisima est dans la dernière ligne droite avant les championnats d’Europe qui débuteront le 14 juillet à Sheffield. Dernier test in vivo, ce vendredi à l’occasion de l’étape australienne de la Coupe du monde.

Vingt-neuf heures de voyage n’auront pas suffi pour épuiser la bonne humeur de Maureen Nisima. De retour de Nankin (Chine) et avec une décevante 17ème place récoltée sur cette épreuve de coupe du monde, la numéro 3 mondiale reste disponible et ambitieuse pour la suite de sa saison.

Une saison qui a été rude pour les organismes. Le calendrier a imposé à nos épéistes françaises un véritable tour du monde en un mois et demi en traversant l’Allemagne, le Brésil, Cuba et la Chine. « Je suis claquée avec les décalages horaires, les grands écarts culinaires et culturels, sourit la Francilienne. Le matin, tu ne sais plus trop où tu te réveilles ! »

L’ultime étape de coupe du monde de la saison débute ce vendredi en Australie. « L’objectif est de performer collectivement. Si on cumule les résultats sur les épreuves par équipe, ce sera plus facile de nous qualifier pour les Jeux Olympiques de Londres. » Si les Bleues se classent dans les quatre premières équipes du classement mondial, elles pourront automatiquement présenter trois athlètes pour l’épreuve individuelle.

Sept mois après son sacre mondial sous la verrière du Grand Palais, Maureen Nisima a changé de statut. Le temps d’un instant la Martiniquaise a piqué la vedette à la Guadeloupéenne Laura Flessel. « C’est vrai que les gens font plus attention à moi désormais. Je me suis entourée d’une attachée de presse car je ne pouvais pas gérer toutes les demandes. Pour continuer à être performante sur la piste, il fallait que je me fasse aider. »

Néanmoins, seul le palmarès change. A l’entraînement, la championne du monde se dépense avec la même implication. « Elle travaille toujours des choses difficiles, sans temps mort, précise l’entraîneur national Stéphane Riboud. Elle est en constante recherche de nouveauté. » « Elle est déterminée, si elle t’attaque, elle le fait à fond, souligne Lauren Rembi, une jeune escrimeuse du pôle France. Si je pouvais lui piquer une qualité, je lui prendrai volontiers sa combativité. »

La sensation d’être mis au piquet

Une combativité que Maureen a forgée au fil des années. A 14 ans, à cause d’un problème de croissance, un médecin lui dit qu’elle ne pourra plus jamais faire d’escrime. « Malgré cet avis, je me suis battue à l’orgueil, lance l’intéressée. Dès 15 ans, j’ai su que je voulais faire du haut niveau. » En 2002, elle est stoppée par la première opération d’une longue série au poignet. « Je ne pense pas avoir cette combativité en moi au naturel. Je n’ai jamais eu les choses facilement. J’ai souvent été freinée par un élément extérieur et j’ai dû faire face. »

A un mois des championnats d’Europe, Maureen décrit cet événement comme une étape dans sa préparation olympique. « Les championnats d’Europe sont très denses. Comme toutes compétitions où je participe, j’y vais pour gagner. Mais à un an des Jeux, je les vois plus comme un palier. »

Double médaillée olympique à Athènes (bronze en individuelle et par équipe), elle est cependant loin d’être rassasiée. « En 2004, cela faisait trois ans que j’étais en équipe je ne m’attendais pas à un tel résultat. » En 2008, elle n’est pas sélectionnée. « J’ai pris conscience de la valeur des Jeux en 2008. C’est tellement rare dans une carrière d’athlète. Pour Pékin j’ai eu la sensation d’être mise au coin dans la cour de récré, l’impression d’être dépossédée, c’est très dur. » Sûr que dans un an, elle aura à cœur de reprendre son bien avec un métal encore plus beau au passage.