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Obry : « Je suis très fier de cette médaille »

Hugues Obry et Daniel Jérent

Hugues Obry et Daniel Jérent - -

Entraîneur de l’équipe de France d’épée masculine, Hugues Obry a du mal à digérer la défaite face en demi-finales aux Mondiaux. Mais il préfère quand même retenir le positif, la médaille de bronze et l’éclosion d’Ulrich Robeiri.

Hugues Obry, cette médaille de bronze atténue-t-elle la déception d'une demi-finale perdue sur le fil face à l'Ukraine (17-15) ?

Pas vraiment. Après la demi-finale, nous avons pris un coup sur la tête. C’est un sentiment d’inachevé. Il y a beaucoup de frustration. Nous avons pu digérer mais nous sommes déçus. Qui aime perdre en demi-finales ? Personne. Par rapport aux championnats d’Europe de Zagreb au mois de juin, nous avons su rebondir. J’ai crié car je n’étais pas content. J’ai remobilisé tout le monde. Je suis content que mes hommes reviennent avec une médaille autour du cou. Je suis très fier de cette médaille de bronze. L’effectif a été changé à 75%. Le groupe a pris de la maturité. C’est génial. J’espère qu’on aura la chance d’être à Rio en 2016 et de faire quelque chose de bien.

Ulrich Robeiri a-t-il été le vrai leader de cette équipe de France ?

Il a été immense tout au long de la journée. Ulrich a montré qu’il était le vrai patron. C’est un cador, même s’il a un caractère réservé. Il a montré des choses sur la piste. Il sait parler aux garçons. Il a été au niveau. Je suis fier de lui et des jeunes qui ont appris sans oublier Ivan Trevejo. Pour sa première sélection avec la France, il rapporte une médaille. C’est immense.

Êtes-vous frustré par le zéro pointé en individuel ?

L’équipe de France est passée à côté en individuel. C’est une réalité. Mais il fallait rebondir en montrant nos valeurs en équipes. Nous avons battu l’Italie (en quarts de finale, ndlr) d’une manière exceptionnelle (45-40). Les matchs franco-italiens sont toujours fabuleux. Cette victoire m’a procuré un bonheur immense. Beaucoup de gens sont venus autour de moi pour me dire que le match contre l’Italie était incroyable. Dans cette équipe de France, il nous manque encore un peu de rigueur. Nous allons travailler pour cela. Il y a du temps. Continuons comme cela. On se doit de retrouver notre statut.

Racontez-nous votre coup de gueule en demi-finales...

La demi-finale face à l’Ukraine est un match où Daniel Jerent n’est pas au top. Après, Ulrich Robeiri nous donne trois points d’avance. On se dit que ça va être plus facile mais par la suite, Ivan Trevejo se jette trop. De là, la peur intervient. Une peur de prendre des touches. J’ai demandé que les garçons combattent à leur juste valeur. Certains n’ont pas pris leurs responsabilités à un moment donné. Voilà pourquoi j’ai crié. Une équipe, ce n’est pas Ulrich et les autres. Sa tâche a été trop difficile.

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Propos recueillis par Rodolphe Massé et à Budapest