RMC Sport

Obry : « On doit viser la gagne »

-

- - -

Neuf mois après un historique zéro pointé aux JO de Londres, les escrimeurs français veulent relever la tête devant leur public à l’occasion du Challenge Réseau Ferré de France, ce week-end au Carrousel du Louvre. L’entraîneur national d’épée et membre de la Dream Team RMC Sport, Hugues Obry, espère y voir briller ses protégés.

Hugues, comment jugez-vous le début de saison des Français ?

Je suis un peu déçu par qu’on n’a pas eu de gagne, sauf par équipes. Individuellement, je veux que ça gagne. Alors cela peut être mitigé. Je suis content qu’on ait un niveau global très intéressant, qui fait peur aux adversaires quand on envoie des gars en Coupe du monde. Mais ce qui me dérange un peu, c’est qu’on ne va pas suffisamment loin. Je veux qu’on en mette plus de gars dans les quatre derniers. Il faut toujours avoir cette envie d’aller plus loin parce que c’est en faisant plusieurs fois des podiums qu’on pourra prétendre à des médailles sur les grands championnats et les Jeux Olympiques.

Le fait que cette étape de Coupe du monde se déroule en France a-t-il de l’importance pour vous en ce début d’olympiade ?

Cela a obligatoirement plus d’importance. On est en mai. Il y a des championnats d’Europe au mois de juin et des championnats du monde au mois d’août. On est donc dans la dernière ligne droite des épreuves. C’est la première fois où il y aura tout le monde. C’est la possibilité d’avoir un vrai état des lieux au niveau international. Le plateau sera relevé et l’endroit sera, je pense, très agréable. Donc on aura envie de bien faire et d’aller jusqu’au bout. Je pense que si trois gars atteignent les quarts de finale en individuel, cela nous laissera la possibilité d’aller chercher le podium.

Ce sont des objectifs très ambitieux quand on voit que le dernier Français vainqueur remonte à Gautier Grumier en 2009…

Oui, cela fait longtemps mais il faut placer la barre haut. Les gars sont en concurrence pour les championnats d’Europe et du monde. Il y a des jeunes qui poussent derrière et j’espère qu’ils vont répondre présent. Aux anciens de montrer qu’ils sont encore là. C’est cette combativité et cette hiérarchie mise à mal depuis le début de la saison que j’essaie de faire bouger au travers des compétitions et des résultats. Je veux que cela porte ses fruits et qu’on arrive à faire une belle compétition avec des Français présents au rendez-vous et combattifs. S’ils peuvent se tirer la bourre pour aller chercher la gagne, j’en serai ravi.

A lire aussi :

>> I. Lamour : « L'escrime ne demande qu'à rebondir »

>> Brice Guyart : « On a créé des robots »

>> Escrime, ici l’ombre

Le titre de l'encadré ici

Un irrémédiable déclin ? |||

Après la claque reçue aux Jeux Olympiques de Londres, les escrimeurs ont entamé leur renouveau avec la nomination d’une nouvelle présidente : Isabelle Spennato-Lamour. Pour autant, Hugues Obry pointe le principal problème de l’escrime française : l’argent. «  On est obligé de récupérer des fonds à droite, à gauche. On veut plus de médailles mais à un coût moindre. Cela va devenir vraiment difficile et, un moment donné, il faudra faire des choix. Il n’y a pas de médaille olympique au rabais et on ne peut pas faire du low-cost au haut niveau. Je n’ai pas envie qu’on enlève des moyens au haut niveau. On devrait même en rajouter parce qu’en face, il y a vraiment des écuries de Formule 1 comme la Chine, la Corée du Nord ou les Etats-Unis. Si on arrive avec un statut de 2CV, on ne va pas s’en sortir. Je ne veux pas me retrouver avec l’image de "On a une belle voiture mais pas d’essence pour rouler". »

R.M.