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A Clairefontaine, les enfants se posent aussi des questions

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La polémique liée aux propos discriminatoires tenus lors d’une réunion n’a pas échappé aux premiers concernés, les jeunes qui tentent leur chance à l’INF Clairefontaine. Lors des tests de ce mercredi, le débat a fait le tour des terrains. Reportage sur les lieux de la polémique.

Quand François Blaquart, Laurent Blanc et les autres membres de la Direction Technique Nationale ont envisagé la mise en place de quotas, ils avaient un lieu précis en tête. Clairefontaine, l’Institut National du Football, où bat le cœur du foot français depuis vingt ans. En dehors des périodes internationales, les terrains sont dévolus aux jeunes qui suivent la préformation dispensée par la FFF. Un cursus prestigieux qu’ont suivi Thierry Henry, Nicolas Anelka ou encore Hatem Ben Arfa.

Dans la forêt des Yvelines, ce mercredi, l’INF accueillait 36 enfants âgés de 13 ans dans le cadre de la deuxième partie du concours d’entrée. Beaucoup d’entre eux sont issus de l’immigration et la polémique qui plonge la FFF dans une crise profonde depuis la fin de semaine dernière ne leur a pas échappée. « Ils ont posé des questions », reconnaît Robin, le papa d’Antoine. Lors des tests, le débat a fait le tour des terrains.

Un papa : « On a déjà entendu ça de Le Pen »

« Au début, je n’y ai pas cru, soupire Lucien, le papa d’Arthur, originaire des Antilles. C’est inadmissible et déplorable pour la Fédération française. On a déjà entendu ça de Le Pen. La couleur de la peau, parfois, ça dérange. Quand on est noir, ça a du mal à passer. » Laurent Glaize, recruteur de Caen, surveille lui l’évolution des candidats. Ces derniers jours, il a dû s’expliquer sur l’existence éventuelle de quotas dans les centres de formation.

« J’ai reçu un ou deux textos pour des jeunes d’origine africaine que nous n’avons pas pris, confie-t-il. Ils me disaient : ‘‘je comprends mieux pourquoi vous n’avez pas pris mon fils, c’est à cause des quotas’’. Donc j’ai rappelé la personne pour lui dire : ‘‘non, c’est le niveau de votre fils, ce n’est pas du racisme’’. » A la Fédération aussi, la volonté était de démentir une possible discrimination. « Je pense que ça perturbe les enfants, bien évidemment, estime le directeur de l’INF, Gérard Prêcheur. Mais on n’a aucune directive de qui que ce soit sur des quotas. » Rassurer. C’était le seul ordre du jour à Clairefontaine. 

LP avec RP