RMC Sport

Affaire Ouaddou : Christophe H comparaît aujourd’hui

C'est à 14h tout à l'heure que comparaît le supporter du FC Metz qui avait insulté le capitaine de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou, le 16 février dernier.

Cet agent de sécurité avait traité le joueur marocain Abdeslam Ouaddou de "sale négro", "sale arabe" et "espèce de singe". Plusieurs témoins l'avaient entendu dans la tribune.

Tout à l'heure dans le box, ce n'est toutefois pas un "ultra" qui comparaîtra. Christophe est en effet un supporter régulier du FC Metz, sans plus. Il ne va voir son équipe que quand elle joue à domicile. Inconnu des services de police, il n'a jamais fait partie d'un quelconque groupuscule d'extrême-droite.
Cet homme de 37 ans a suivi un parcours chaotique : une scolarité très courte, puis des petits boulots, avant de devenir agent de sécurité.
Le soir du match, il reconnait avoir lancé des insultes, mais le regrette comme l'explique son avocat, maître Arnaud Vauthier : « Il le vit très mal, car il regrette profondément d’avoir prononcé ses paroles. […] Ce sont des mots qui ont dépassé sa pensée. »
« Je souhaite un procès serein et équitable », ajoute Me Vauthier qui craint aussi que son client ne soit le symbole du racisme dans les stades.

Dominique Sopo est partie civile dans ce procès. Le président de SOS racisme répond aux craintes de Me Vauthier : « Il ne s’agit pas de le brûler en place publique. Il a à répondre des actes qu’il a commis, et il n’est évidemment pas responsable à lui tout seul de ce qui se passe en terme de propos racistes dans le milieu du football. »
M. Sopo pointe donc du doigt d’autres responsables selon lui : « Il faut avoir l’honnêteté de dire qu’il y a des responsabilités au niveau des institutions du football. Je pense notamment à la Ligue de Football Professionnel et à la Fédération Française de Football qui ont la charge de l’organisation des matchs. A ce titre, on aimerait qu’il y ait un peu plus de lisibilité dans la lutte contre le racisme, ce qui n’est pour l’instant pas le cas. »

Le supporter a déjà subi quelques conséquences de son geste. Il s'occupait jusque-là de la surveillance d'une caserne à Metz, mais l'armée a demandé son départ vu le retentissement de l'affaire. Il pourrait être affecté à la sécurité d'une usine de la région, ou même perdre son emploi en cas de condamnation.
L’homme de 37 ans est pour l'instant interdit de stade pendant trois mois. Il encourt une peine de 6 mois de prison et une amende de 22 500 euros.

La rédaction avec Sébastien Gilles