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Avec les chômeurs, dans l’autre monde du foot

Jérémy Berthod

Jérémy Berthod - -

Chaque année, l’Union Nationale des Footballeurs professionnels (UNFP) organise des stages d’été pour permettre à une vingtaine de joueurs de ne pas quitter les terrains verts. Et les aider à retrouver un club et donc un emploi.

L’aventure commence par un périple de 5h30. Les joueurs au chômage qui participent aux stages de l’Union Nationale des Footballeurs professionnels (UNFP) en cet été 2012, font route ce mercredi entre Vichy, leur lieu de stage, et Epernay, où ils vont affronter le Stade de Reims. Professionnels, ils redécouvrent l’ambiance d’une équipe du dimanche en mangeant par exemple sur une aire d’autoroute, une sorte de retour au niveau district. L’ambiance est bon enfant et c’est aussi ce que viennent chercher les joueurs. « C’est un plus car je suis sans club aujourd’hui et j’avais envie de retrouver une ambiance de groupe » confie l’ancien Lyonnais Jérémy Berthod.

Pour le vice-président de l’UNFP, René Charrier, l’objectif est simple : « retrouver le plus rapidement le chemin des terrains ». « Environ 50% des membres qui participent au stage obtiennent un contrat professionnel, le plus souvent en Ligue 2, en National ou encore à l’étranger » ajoute-t-il. Et l’équipe UNFP ne manque pas de talents, comme l’ancien joueur de l’OM, Jean-Philippe Sabo, suivi par plusieurs équipes de Ligue 2, ou encore la révélation Theophile Ntame, puissant défenseur central.

« Ce ne sont pas des moments faciles »

Alors que le débat sur le salaire de Zlatan Ibrahimovic fait rage (14 millions d’euros), les joueurs de l’UNFP sont loin de ces préoccupations. « C’est une belle leçon d’humilité, estime Jérémy Berthod. Dans la vie active, des gens galèrent et bien, dans le football aussi. Ce ne sont pas des moments faciles. On est chômeurs, tout simplement. » Des chômeurs qui ne perdent pas espoir. « Heureusement que l’UNFP est là, explique Nabil Ouarguini. L’objectif, c’est de garder espoir. On se bat tous les jours. On essaye de ne pas penser aux salaires des stars du football. »

Et à Epernay, ce mercredi, les maillots de l’UNFP auront eu le mérite de faire plaisir aux supporters, surtout rémois, venus en nombre au stade. « Eux, ça se voit qu’ils ne touchent pas un rond. Ils ont faim de ballon et courent partout alors que les nôtres, eux, ont un salaire qui tombe tous les mois » analyse Martin, supporter de Reims, promu en Ligue 1. Ce mercredi, la sélection de l’UNFP s’est imposée 4-1. De quoi redonner légèrement le sourire aux chômeurs du football français.