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Bastia, la descente aux enfers

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La commission d’appel de la DNCG a décidé ce mardi de reléguer administrativement le Sporting Club de Bastia en CFA. Une décision très mal vécue par les élus corses, qui se sont organisés pour débloquer des aides financières.

Depuis mardi soir, la communauté du football corse est dans tous ses états. Malgré la mobilisation générale des élus pour aider le Sporting Club de Bastia à conserver sa place en National, la commission d’appel de la DNCG s’est montré intransigeante : le club insulaire est relégué en CFA, trente-deux ans après avoir joué la finale de la Coupe de l’UEFA.

A l’issu de l’exercice écoulé, le bilan financier du SCB présentait un déficit d’1,2 million d’euros. Pour combler ces pertes, les collectivités locales ont mis la main à la poche. L’Assemblée corse a voté une aide exceptionnelle de 800 000 euros, le Conseil général a débloqué une subvention de 150 000 euros et la Communauté d’agglomération s’est engagée à racheter le bâtiment qui abrite le centre de formation du club pour un peu plus d’1 million d’euros. Forts de ces trois rentrées d’argent, les dirigeants du Sporting étaient plutôt confiants. Jusqu’à ce que la DNCG ne rejette leur dossier.

L’une des raisons invoquées ? Le vote de l’Assemblée générale n’ayant pas encore été validé par la Préfecture de Corse, les 800 000 euros promis ne sont pas dans les caisses du club. « Mais c’est normal, fustige Michel Castellani, membre du conseil territorial. Le préfet a deux mois pour faire le contrôle de la légalité. On l’a évidemment consulté avant de voter cette aide. Il nous a donné des assurances. Je ne comprends pas que la DNCG se permette de remettre en cause un vote légal. » Autre point de discorde, la promesse de rachat du centre de formation. La DNCG n’a pas voulu en tenir compte. « Ils ont pris les élus bastiais pour des menteurs, s’emporte Castellani. L’achat effectif du bâtiment aura lieu le 13 juillet. Je comprends mal l’attitude de la commission dans cette histoire.»

« On ne peut quand même pas attaquer l’Elysée à la kalachnikov »

Sur l’Île de Beauté, beaucoup crient au complot. « Cela dépasse le cadre sportif, peste Julien Lolli, le président du SCB. On est victime d’un acharnement. Si certains ne souhaitent plus voir les clubs corses dans le championnat français, il faut le dire tout de suite. » Le club, qui a pré-saisi le CNOSF en attendant la notification de la DNCG, entend utiliser tous les recours possibles dans cette affaire.

Soutenu par l’ensemble de la communauté corse, le SCB espère obtenir gain de cause. Il en va de l’avenir du club. Une relégation en CFA signifierait la perte du statut professionnel, donc le départ de nombreux joueurs et la fermeture du centre de formation. « Si la DNCG a décidé de nous assassiner, elle prend le risque de violer toute une partie de l’opinion en Corse, prévient Castellani. Nous, on a fait le maximum. On ne peut quand même pas attaquer l’Elysée à la kalachnikov ! » Voilà qui promet des heures agitées sur l’Île de Beauté.

Alexandre Jaquin