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Bini : « On ne veut pas la médaille en chocolat »

Bruno Bini

Bruno Bini - -

Le sélectionneur de l’équipe de France féminine de football est amer après l’élimination en demi-finales des JO face au Japon, ce lundi. Il veut vite se remobiliser pour décrocher le bronze, jeudi.

Bruno, comment vivez-vous ce scénario cruel ?

La vie est comme ça, le foot aussi. Ça ne voulait pas le faire aujourd’hui. Tu ne peux rien reprocher aux filles. Elles se sont données à fond, elles sont mortes sur le terrain. Il y a des jours comme ça. L’année dernière, c’était poteau rentrant, là c’est un centimètre à côté. Si on marque le penalty, on leur aurait mis un coup dans la cafetière.

Avez-vous un problème avec les demi-finales ?

Si on s’arrête encore en demi-finales à l’Euro l’année prochaine, je rentre chez moi. Mes adjoints le feront parce que, moi, je ne sais pas. Je suis désolé…

Vous avez semblé monter en puissance en deuxième mi-temps…

Il faut avoir du carburant. On enchaine les matches. On avait dit qu’on allait les bloquer mais techniquement, nous étions moins bons que d’habitude. Le premier but est un cadeau de la maison, puis on prend un deuxième but. Après, les filles se sont lâchées. Elles ont fait une très belle dernière demi-heure et le pire, c’est que ça aurait pu suffire. C’est ce qui est décevant.

« On n’en peut plus »

Avez-vous le sentiment d’avoir raté ce rendez-vous ?

Les filles ont tout donné ce soir. On ne peut rien leur reprocher. Elles ont été justes techniquement dans la dernière demi-heure. Si on avait marqué le penalty, vous n’auriez pas les mêmes questions. Mais l’année dernière, si nous avions fait poteau sortant (en quarts de finale du Mondial face à l’Angleterre, Elise Bussaglia avait égalisé à la dernière minute avec l’aide du poteau, ndlr), vous n’auriez pas eu les mêmes non plus.

Il reste une médaille à aller chercher…

Il y a surtout un nouveau déménagement à faire (à Coventry). On n’en peut plus. Le match, c’est jeudi. Dès vendredi, je prends l’Eurostar et je rentre chez moi pour partir direct en vacances. On est cuits.

Regrettez-vous ces changements de villes permanents ?

C’est compliqué de déménager tous les trois jours. On savait que c’était comme ça. On n’avait qu’à se qualifier et on serait restés trois jours de plus à Londres. Ce n’est pas fini. On ne va pas repartir encore une fois avec la médaille en chocolat. Les filles vont se remotiver rapidement.

Vous n’allez tout de même pas repartir sans médaille…

On était 11 000 au village olympique. Combien sont repartis avec une médaille ? Combien n’ont même pas fait une demi-finale ? C’est le football. Bien sûr qu’on ne souhaite pas repartir sans médaille.

Propos recueillis par Gilbert Brisbois