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Blanc, un mea culpa et une blessure

Laurent Blanc

Laurent Blanc - -

Invité du JT de 20 heures ce vendredi sur TF1, le sélectionneur des Bleus a réitéré ses excuses pour les propos qui ont choqué l’opinion publique lors de la réunion du 8 novembre 2010. Très marqué, le sélectionneur a pensé à démissionner. Mais il souhaite terminer sa mission.

Il ne s’était exprimé qu’une seule fois sur le sujet. C’était au lendemain de la révélation de « l’affaire des quotas », à Bordeaux, le 29 avril. Devant la presse, qu’il avait lui-même convoquée, Laurent Blanc assurait qu’il ne comprenait pas ce qu’on lui reprochait et qu’il n’était pas coupable. Puis la tempête prenant de l’ampleur, il envoyait un communiqué 24 heures plus tard pour s’excuser « si certains termes avaient pu choquer ». Sur TF1, ce vendredi, le sélectionneur est allé encore plus loin. Lors de la grand-messe télévisuelle, pendant le JT de 20 heures, il s’est montré profondément touché par l’épreuve endurée depuis deux semaines.

« Je tiens à m’excuser, a affirmé Laurent Blanc. C’est vrai que cette réunion a dérapé. J’ai beaucoup de colère vis-à-vis de moi pour avoir tenu ces propos, qui une fois sortis de leur contexte ont pu créer un amalgame blessant pour les gens. » Le visage fermé, le ton retenu, il s’est attaché, sans commenter les critiques acerbes de certains de ses anciens coéquipiers (Thuram, Vieira), à regarder vers l’avenir et les derniers matchs de la phase de qualification pour l’Euro 2012. Une mission qu’il poursuivra, malgré une certaine hésitation au plus fort de la tourmente. « Démissionner ? Je dois l’avouer, ça m’a effleuré l’esprit, a reconnu Laurent Blanc. On ne devient pas sélectionneur pour subir ce genre de situation. Mais le moral et l’envie de continuer ont repris le dessus. »

Blanc : « L’homme sera différent »

Par contre, les événements l’ont changé. « J’ai très mal vécu cette affaire et je la vis encore très mal même si j’ai eu énormément de soutien, a-t-il expliqué. On est allé au-delà du sélectionneur, on a touché l’homme. C’est une période très difficile à supporter. C’est très violent. Je ne souhaite ça à personne. Mes critères de sélection ne changeront pas. Je prendrai toujours les meilleurs à chaque poste. Mais je crois que l’homme sera différent. On ne peut sortir de cette période-là indemne. » Avant son prochain rendez-vous avec les Bleus, le 3 juin en Biélorussie, le vent aura peut-être tourné et la polémique faibli. Mais personne ne l’oubliera.

LP