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Blatter à terre ?

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Les propos du président de la FIFA sur le racisme ont provoqué une vague d’indignation sans précédent, notamment en Angleterre où le Premier ministre parle de mots « épouvantables ». Ce vendredi, Joseph Blatter, 75 ans, s’est excusé mais a refusé de démissionner.

« Je ne peux pas démissionner. Pourquoi devrais-je le faire ? » Joseph Blatter, président de la toute puissante Fédération internationale de football (FIFA), est pourtant dans les cordes. Depuis qu’il a nié, en milieu de semaine, l’existence de problèmes de racisme dans le football, le Suisse s’est attiré les foudres de nombreux acteurs du ballon rond. En Angleterre, où l’Uruguayen de Liverpool Luis Suarez est accusé d’avoir proféré des injures racistes à l’égard de Patrice Evra, ses paroles ont fait l’effet d’une bombe.
Dans une chronique pour « The Sun », Ian Wright, ex-star d’Arsenal et de la sélection anglaise, a allumé le patron de la FIFA : « Blatter ne peut plus rester en poste à Zürich », a-t-il soufflé. Le défenseur de Manchester United, Rio Ferdinand, a déclaré que le patron du football mondial était « un ignorant », ajoutant que ses propos étaient « tellement condescendants qu’ils en étaient presque risibles ». Même David Cameron, le Premier ministre anglais, y est allé de son commentaire, évoquant des paroles « épouvantables ». Aux Etats-Unis, David Beckham n’a pas tardé, lui non plus, à réagir : « Je ne pense pas que ces commentaires soient très bons pour le jeu, a indiqué la star de LA Galaxy. Il y a, et il y a eu, du racisme dans le foot. Il ne doit pas être caché sous le tapis. On ne s’en sort pas avec une poignée de mains ».

Beckham : « Le racisme ne doit pas être caché sous le tapis »

Face à de telles attaques (de nombreux joueurs l’ont poussé à la démission), le dirigeant de 75 ans n’a pas eu d’autre choix que de faire machine arrière. A travers un communiqué, il a d’abord indiqué que ses propos avaient été mal interprétés. « Ça fait mal, a-t-il ajouté dans un entretien pour la BBC. Je n’aurais jamais imagé que cela provoquerait de telles réactions. Je peux simplement dire que je suis désolé pour toutes les personnes que j’aurais pu blesser. » Sepp Blatter a évidemment précisé que son « combat contre le racisme et la discrimination se poursuivrait ». Mais le mal est fait. Ce n’est pas la première fois que celui qui est en poste depuis 1998 est dans l’œil du cyclone. Réélu en juin dernier pour un quatrième et dernier mandat, Blatter a traversé d’autres tempêtes, notamment en raison des scandales liées à des soupçons de corruption au sein de la FIFA. Reste à savoir s’il sortira une nouvelle fois indemne de cette nouvelle polémique.