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Comment la France peut battre l’Espagne

Karim Benzema et Didier Deschamps

Karim Benzema et Didier Deschamps - -

L'équipe de France est annoncée perdante face à l'imbattable Espagne ce soir à Madrid en qualifications au Mondial 2014 au Brésil. Pourtant, les Bleus connaissent la solution pour vaincre.

"L’Espagne n’est pas imbattable". C’est Karim Benzema qui le dit et l’attaquant du Real Madrid a certainement raison. Evidemment en comparaison brute des effectifs en présence – la fameuse "expérience internationale" - du palmarès récent et des dernières confrontations, l’équipe de France risque une sévère déconvenue dans l’enceinte du stade madrilène Vicente-Calderon (21h).

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Pourtant, la solution existe. Lors du Mondial en 2010, la Suisse l’avait prouvée en dominant les futurs champions du monde. Pour réaliser l’exploit il faudra du cœur, la "mentalité de gagner" a expliqué Franck Ribéry, exactement ce qu’il avait manqué aux Bleus de Blanc en juin dernier à Donetsk lors de l’Euro 2012.

"Guerriers", "mauvais garçons" et humilité

La chance des hommes de Didier Deschamps reste que cet élément essentiel ne se travaille pas, ne se prépare pas et n’est jamais lié à un fait de jeu. Il réside au plus profond de chaque joueur aligné sur le pré. S’il n’est pas nécessaire de filer la métaphore belliqueuse de Karim Benzema qui espère "onze guerriers" tricolores, l’état d’esprit se devra d’être irréprochable chez les prétendus "mauvais garçons" Ménez, Ribéry et compagnie.

Les joueurs français ont été promptes depuis leur rassemblement lundi dernier à louer les qualités sportives de la Roja. S’il convient de valoriser une fois de plus la maîtrise technique des coéquipiers d’Iker Casillas, il serait bon de s’inspirer de leur force collective et de leur humilité. La France est "un nom du football" pour Mata, une des sélections "les plus dangereuses" dixit Fabregas, c’est peut-être vrai mais la renommée passée et le potentiel annonciateur de possibles lendemain qui chantent ne font pas tout. Pis, ils ne gagnent pas les matchs.

Benzema et Ribéry, les locomotives

Face au "modèle à suivre", Didier Deschamps a pointé l’exigence collective qu’il attend de ses joueurs, refusé de se focaliser sur les lacunes offensives de ses hommes et botté en touche le débat sur la complémentarité entre Karim Benzema et Olivier Giroud. Interrogé par Canal + après le Mondial 2006, Eric Abidal avait expliqué qu’il faisait tout pour se montrer digne du niveau de performance de l’exigeant Zinedine Zidane. La quête du leader encore et toujours, car si "Karim et Franck ont le talent pour faire la différence", ils doivent surtout "tirer le groupe vers haut" a expliqué Didier Deschamps.

Créer plutôt que détruire

L’ancien coach de l’OM a martelé son crédo pour ce match important, mais pas décisif, dans la course à la qualification au Mondial 2014 au Brésil : "Etre capable de bien défendre ensemble". La meilleure attaque serait donc la défense ? Ce ne doit pas être une obsession pour DD, mais oui à croire le sélectionneur espagnol Vicente Del Bosque qui a donné une clé aux Bleus dans un entretien à L’Equipe Magazine samedi dernier. "Notre façon de défendre est créatrice plus que destructrice" a-t-il expliqué, regrettant qu’on ne valorise pas suffisant cette qualité chez sa formation. Avant d’ajouter : "Le plus important c’est que les joueurs croient en ce qu’ils font".

La solution au rêve bleu est là : une adhésion totale au système choisi par Didier Deschamps sans oublier de jouer. Et faire de la certitude de Karim Benzema, une réalité.

Samuel Auffray