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Courbis : « Je n’ai rien appris»

Rolland Courbis avec l'entraîneur du Niger, Arouna Doulla

Rolland Courbis avec l'entraîneur du Niger, Arouna Doulla - -

Rolland Courbis sera sur le banc mardi prochain pour son dernier match contre le Maroc en tant que conseiller techinque du Niger, d’ores et déjà éliminé de la CAN. Le consultant RMC Sport confie ses impressions sur son aventure en Afrique et livre quelques pistes sur son avenir.

Son expérience en Afrique

« Je garderai toujours de l’affection pour cette équipe du Niger. Je porterai une attention particulière à leurs résultats. S’il s’avère qu’on puisse penser que j’ai été utile dans ces deux mois de préparation, je me contenterais de ça. J’ai pointé du doigt ce qui n’allait pas, mais personne ne m’a dit que ce que je disais n’était pas bon. Premièrement je n’ai rien appris, et deuxièmement, j’ai eu la confirmation de ce qu’il ne fallait pas faire. C’est donc passionnant, mais jusqu’à une certaine limite. »

Ses relations avec l’entraîneur

« J’aimerais avoir 20 ans de moins pour être conseillé par quelqu’un de plus expérimenté. En l’occurrence, j’ai eu la chance de rencontrer des entraineurs qui m’ont livré des petits détails, qui m’ont permis d’élever le niveau de jeu de mes équipes. Je pense notamment à Raymond Goethals, à Marcello Lippi, Mario Zatelli. Si la personne que je conseille n’apprécie pas qu’en deux mois il peut gagner des années de réflexion et augmenter les chances de victoire… Si on est pronostiqué dernier d’une poule, ce n’est pas par hasard. Il ne faut pas se prendre pour un autre. Nous avons été d’accord sur 90% des choses. Mais quand on n’est pas d’accord sur le fait de mettre un offensif qui ne sait pas défendre ou un milieu défensif qui sait attaquer, ça devient 100% ! »

Ses difficultés face aux habitudes locales

« Beaucoup de choses m’ont surpris. J’ai dû les éclairer sur quelques mauvaises habitudes. Quand j’entends : ‘‘ça fait cinq ans qu’on fait comme ça’’, je dis que ce n’est pas pour autant qu’on doit le faire une sixième année. J’ai essayé d’être persuasif. Je n’y suis pas arrivé pour le match du Gabon (ndlr : défait 2-0). Ils ont choisi une option imprudente et injustifiée compte tenu du contexte. Soi-disant que le modèle de jeu est celui de Barcelone. Je suis d’accord, mais il faut avoir les joueurs du Barça. Il y a aussi une certaine décontraction à l’entrainement. Je n’ai pas la prétention de changer cette culture-là. Si je dois dire les choses 10 fois au lieu de 3, ce n’est pas grave tant que je suis compris à la dixième. »

Son avenir en Afrique

« Il faut que le projet me donne la chance d’être plus heureux que ce que je suis actuellement. Dans un contexte sympa, en France ou à l’étranger, avec des gens que j’apprécie, et des objectifs communs, je dirais pourquoi pas. Si c’est une sélection, je réfléchirais beaucoup car il me semble indispensable d’habiter dans le pays où l’on est sélectionneur. »

Recueilli par SO à Libreville