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Amalfitano, ça change tout

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Décisif contre Le Havre dimanche en Coupe de France (3-1, a.p.), l’ancien joueur de Lorient a transformé le visage de l’équipe olympienne. Après une période d’adaptation, « Momo », 26 ans, peut viser encore plus haut.

Morgan Amalfitano est un habitué des faux-départs. Cet été déjà, après avoir posé ses valises à Marseille, l’ex-joueur de Lorient a manqué l’épreuve du traditionnel bizutage devant le staff et ses nouveaux partenaires. « Pour la chanson, il a dû s’y reprendre à deux fois pour être accepté », se souvient Jérémy Morel, autre ex-Merlu transféré à l’OM à l’intersaison. Après ce couac anodin, Amalfitano piétine aussi son football au cours de ses premiers mois à Marseille. Les très mauvais résultats n’arrangent évidemment pas les choses : « La confiance s’est effritée au fur et à mesure, confie-t-il après un revers à Lyon (2-0). Il faut aller chercher des choses positives dans la tête. Mais je ne sais pas où il y en a… »
Le joueur âgé de 26 ans n’est pourtant pas du genre à ruminer. En difficulté et pas toujours titulaire, il s’accroche. « Momo ne se pose pas 10 000 questions, il ne calcule pas et donne tout pour l’équipe, observe Morel. On aime ou on n’aime pas. En général, on aime… »
Le joueur ne laisse pas indifférent. Son caractère de feu fait parfois naître des étincelles à l’entraînement. « Il a le tempérament assez chaud, confirme Morel. Quand il est énervé, ça se voit plus que chez les autres. Mais c’est aussi ce qui fait sa force. »

Gourcuff : « Des rapports parfois conflictuels »

S’il refuse aujourd’hui de commenter ses prestations avec l’OM, Christian Gourcuff, son ex-entraîneur à Lorient, se souvient « d’un joueur complexe ». Et d’ajouter : « Les relations avec lui pouvaient être conflictuelles. Il y avait beaucoup d’affectif mais ce n’était jamais simple. Sa vision du jeu, par exemple, n’était pas en adéquation avec la mienne. Son évolution en trois saisons a été intéressante. Mais je peux vous assurer que le faire jouer à droite, par exemple, n’a pas été simple. »
C’est pourtant à ce poste que le natif de Nice flambe, aujourd’hui, sous les ordres de Didier Deschamps. Sa complémentarité avec Azpilicueta s’est vite révélée comme une évidence, au point de faire du flanc droit l’un des atouts majeurs de l’équipe phocéenne. Et, comme par enchantement, les résultats ont suivi, à l’image de son but et de sa passe décisive pour Brandao, dimanche face au Havre en Coupe de France (3-1, a.p.). « C’est plus simple de se mettre en valeur quand tout va bien, reconnait Morel. Il a eu un temps d’adaptation, mais il est en train de montrer toutes ses qualités. » Ses dribbles, son art du décalage et ses accélérations ont indiscutablement fluidifié et bonifié le jeu marseillais. De quoi aussi donner quelques idées à Laurent Blanc à cinq mois de l’Euro ? Déjà présélectionné lorsqu’il jouait à Lorient, Morgan Amalfitano pourrait être la surprise de l’été. A Marseille, tout le monde en est déjà convaincu…