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Andrade ne plante plus de pommes de terre

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Doublure de Steve Mandanda à l’OM depuis un an et demi, le gardien brésilien Elinton Andrade sera titularisé ce dimanche par Didier Deschamps face à Evian-Thonon-Gaillard. Comme souvent en Coupe. L’occasion de découvrir un homme attachant, à la carrière atypique.

A 32 ans, Elinton Andrade a tout connu ou presque. Pour conjurer le mauvais sort, le natif de Santa Maria dans l’état de Rio n’a pas hésité à se faire tatouer dans le dos sa ligne de vie : « Je suis comme le Phénix. Quand tous pensent que je suis blessé, je ressurgis de mes cendres avec toujours plus de force. Mon objectif est de gagner », peut-on ainsi lire grâce à une photo visible sur son site internet. Formé au Centre de Football de Zico, l’ancienne idole brésilienne, Andrade débute sa carrière sur le banc des prestigieux clubs de Flamengo et Fluminense. C’est à Vasco de Gama qu’on lui offre sa première chance, mais la belle trajectoire va brutalement se briser. Ecarté suite à une blessure à l’épaule, il s’envole pour le Vietnam en 2005, invité par Abel Braga, ancien coach de l’OM.

Trop de femmes au Vietnam

L’expérience tourne court. « Ils m’ont dit qu’ils augmenteraient l’aspect financier, mais refusaient que j’amène mon épouse en prétextant qu’il y avait déjà assez de femmes pour les joueurs », rigole le joueur. De retour d’Asie, il pose ses valises au Portugal, dans le but d’obtenir un passeport lusitanien. Mais le précieux sésame peine à arriver et Andrade ronge son frein chez des parents éloignés de sa femme : « J’ai planté des pommes de terre, des tomates, des concombres. Je m’entrainais tous les jours seul. » Balloté des deux côtés de l’Atlantique, il échoue finalement au Rapid Bucarest en 2007 où il effectue les deux saisons les plus accomplies de sa carrière. Sa réputation grandit enfin. Ce tremplin lui permet de signer à l’OM, à l’aube de la saison 2009-10. Un choix qui lui aura permis d’acheter la maison de ses rêves, grâce aux primes d’un premier titre de champion de France. Le joueur d’avouer : « J’en ai pleuré comme un enfant ». Atypique, on vous dit.

Sylvain Reignault