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Bölöni a déjà sorti sa cravache

Laszlo Bölöni, entraîneur du RC Lens

Laszlo Bölöni, entraîneur du RC Lens - -

Comme prévu, le successeur de Wallemme a profité du stage à Jerez pour faire passer ses premiers messages. Entre séances chargées et rigueur imposée, certains joueurs ont déjà changé d’attitude.

Jerez, sud de l’Andalousie. Cinq jours à 2 000 kilomètres du Pas-de-Calais. Cinq jours pour changer d’air et pour lancer l’opération maintien. Mais surtout pour se découvrir. Quand les Lensois ont repris l’avion vendredi en début d’après-midi, ils venaient de passer leur première semaine avec leur nouvel entraîneur, Laszlo Bölöni. Le premier contact a été rude. « Les charges de travail sont plus lourdes qu’avec l’ancien coach, a déjà remarqué Alaeddine Yahia. Il demande toujours d’être en mouvement et les séances sont longues. On n’en avait pas l’habitude. »

Jean-Guy Wallemme écarté, le défenseur lensois et ses partenaires expérimentent la rigueur qui a fait la réputation du technicien roumain. Abdeslam Ouaddou a eu droit lui aussi à ces longues séances d’entraînement. « C’est sa façon de travailler mais pour moi, c’est un grand entraîneur, explique le défenseur marocain, qui a connu pendant cinq ans Laszlo Bölöni, à Nancy puis à Rennes. Il a l’image de quelqu’un de dur, mais attention, ce n’est pas Vahid Halilhodzic ! C’est quelqu’un de très intelligent, avec un grand cœur, et qu’on peut facilement aborder en dehors du foot. »

A.Yahia : « J’ai vu certains joueurs revivre »

Olivier Dacourt est beaucoup plus réservé. « Je pense qu’il peut sauver le club, mais après sur le long terme… Moi, je ne l’aurais pas pris » estime l’ancien joueur du Standard de Liège, où Laszlo Bölöni a été champion de Belgique en 2009, son deuxième titre national après celui champion du Portugal en 2002, avec le Sporting Lisbonne. Certaines attitudes ont en tout cas déjà changé au RC Lens. « J’ai vu certains joueurs revivre, avoir un nouvel état d’esprit, regrette Alaeddine Yahia. Tout d’un coup, ils se défoncent. Alors qu’avant, c’était par intermittence. C’est dommage. J’avais l’impression de découvrir certains joueurs cette semaine, c’est bizarre. »

Le fameux choc psychologique ? Gervais Martel, le président lensois, se fera un avis plus précis samedi soir au Parc des Princes, pour le 32e de finale de la Coupe de France, après un match nul encourageant en amical contre le Borussia Dortmund (2-2). Et si rebond il y a, se prolongera-t-il pour permettre au RC Lens de sortir de la zone rouge en Ligue 1 ? Elogieux avec Laszlo Bölöni, Abdeslam Ouaddou reconnaît que son exigence peut être difficile à supporter. « A la longue, ça peut peser sur le mental des joueurs, confie le joueur de Lekhwiya (Qatar). Mais s’ils adoptent d’entrée de jeu sa méthode et son discours, ça peut fonctionner. Je pense que c’est l’homme de la situation. » Le public de Bollaert ne demande qu’à en être convaincu lui aussi.

Laurent Picat