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Bordeaux : silence, on coule

Alou Diarra

Alou Diarra - -

Plus que jamais enfoncés dans une grave crise après l’élimination en Coupe de France à Angers (1-0), la maison girondine s’est murée dans le silence. Pas ses supporters.

Abasourdis après leur piteuse élimination à Angers (1-0) samedi en 16e de finale de la Coupe de France, les Bordelais ont eu droit à deux jours de repos. Ils ne reprendront l’entraînement que mardi matin. Ils auront bien besoin de cela pour se remettre les idées en place. D’ici là, le club aquitain aura sans doute pris le soin d’effacer les tags découverts dimanche matin sur les murs du Haillan. La énième contre-performance des Girondins n’est pas du tout passée auprès des supporters, lesquels ont décidé de « décorer » à leur manière le centre d’entraînement bordelais en y laissant quelques messages du type : « Bande de chèvres », « Tigana dégage » ou encore « Bougez-vous ».

A travers un communiqué publié sur le site officiel du club, les sextuples champions de France ont immédiatement réagi : « Le Club comme ses supporters déplorent les résultats de l’équipe. On comprend qu’ils manifestent leur déception, sans pour autant accepter toutes formes de violence ou de vandalisme. Ces agissements ne peuvent être le fait d’authentiques fidèles. »

Chalmé : « Nous sommes les premiers responsables »

Et sinon ? Fidèle à son image, Bordeaux cultive avec une classe internationale la loi du silence. Dimanche, entendre la voix des joueurs bordelais relevait de l’exploit. L’état de crise et la sortie médiatique fracassante de Moussa Maazou, écarté à Angers, sont passés par là. La situation est pourtant très inquiétante. Grave même. Eliminés des deux Coupes nationales, 10e en championnat, les Girondins ont quasiment dit adieu à leurs rêves européens. « No comment », nous a indiqué dimanche Nicolas de Tavernost, patron de M6 et actionnaire majoritaire des Girondins avant de donner rendez-vous mardi « pour une réunion de presse avec Jean-Louis Triaud ».

Il y sera sans doute question de l’avenir de Jean Tigana. De plus en plus désemparé, l’entraîneur bordelais confiait samedi avoir connu la « plus grande désillusion de sa carrière d’entraîneur. » S’il a ajouté « ne pas vouloir lâcher », son avenir à la tête du club bordelais semble pourtant compromis. « Il n'y a pas à mettre Tigana en difficulté, défend Mathieu Chalmé, l’un des rares bordelais joignables ce dimanche. La difficulté est pour le club, pour les joueurs aussi. Nous sommes les premiers responsables. Mais on est tous dans le même bateau. Tout le monde est abattu, les joueurs, le président, l'entraineur. Son message est là, ce sont les résultats qui ne sont pas là. On peut avoir les plus beaux discours du monde ou le meilleur entraineur du monde, si vous n'avez pas les résultats, ça cloche. Ne remettons la faute sur Tigana en particulier, mais sur tout le monde, et les joueurs en premier. » Des Bordelais qui devront s’attendre à voir et surtout à entendre un public très hostile à Chaban-Delmas dans une semaine pour la venue de Nice. A moins que de brutaux changements soient décidés dans les prochaines heures…