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Coupe de France : Mende en redemande !

La joie des joueurs de Mende après leur succès sur Arles-Avignon en 32e de finale

La joie des joueurs de Mende après leur succès sur Arles-Avignon en 32e de finale - -

A l’image d'un célèbre quotidien sportif espagnol, le Petit Poucet de la Coupe de France, Mende (DHR), connait une médiatisation exceptionnelle en vue de son 16e de finale mardi (18h30) contre Le Havre (L2). Fièvre du ballon rond au royaume de l’aligot.

Mende, pensionnaire de DHR, veut poursuivre l’aventure de la Coupe de France face au Havre, mardi (18h30), le doyen du championnat de France qui évolue cinq étages au-dessus. La plus petite préfecture de France (13 000 habitants) est dans tous ses états, depuis qu’elle a sorti Arles-Avignon (2-0) en 32e de finale. « Depuis deux semaines, on vit dans un rêve », raconte Benjamin Almeras. Le Petit Poucet, habitué aux colonnes du Midi Libre, voit déferler les médias de France et de Navarre. Anecdote racontée par Stéphane Saurat, l’entraîneur. « La semaine dernière, Marca a appelé le club, c’est le plus grand journal espagnol, c’est le Barça…, nous Mende en Lozère… C’est à ce genre de petites choses qu’on réalise qu’on est en train de faire un grand truc. »

Mende, deux fois sacrée ville la plus sportive de France, est à l’unisson derrière ses joueurs, même si la place forte de la Lozère est plus connue pour le cyclisme (avec la montée Jalabert), l’enduro, ou la course à pied (Marvejols-Mende). Les boutiques sont décorées aux couleurs de Mende avec maillots, écharpes et affiches « On en rede-Mende ». « Ce matin je suis passé devant l’office du tourisme, ça ouvrait à 9h, à 9h30 c’était plié », dit Fadil Gourmat, le capitaine. Les places assises (500 sur 1000 car l’autre partie est réservée pour la FFF) sont parties en quelques minutes jeudi matin. Quelque 4000 personnes se presseront le long de la main courante du stade Jean-Jacques Delmas. « C’est 5% du département », s’enorgueillit le maire Alain Bernard, visiblement pas effrayé par cette affluence qui rappelle la grande époque de L’Eveil Mendois. « Nos habitants sont durs au mal, ça ira », lance ce proche de Louis Nicollin, le patron du champion de France, Montpellier, qui vient chaque année pour un stage de présaison.

Interdiction de monter sur le toit des voitures

L’édile de la ville appelle les employeurs à laisser partir les employés une demi-heure plus tôt parce qu’« il va y avoir des bouchons », avant de préciser qu’« il y a cinq ans, il n’y avait pas de feux » à Mende.
Almeras, professeur d’EPS, sera remplacé par ses collègues. A l’image des enseignants de Mende, la ville ne parle plus que de « ça ». « Je vois tous mes élèves qui n’arrêtent pas de me parler du match, on va faire des courses, on nous accoste… », raconte le défenseur. Les joueurs sont employés de la mairie, salariés de Sport 2000 ou encore de l’un des plus grands abattoirs de la région, célèbre pour sa viande d’Aubrac. Pour le maire, l’aubaine tombe du ciel. Un coup de projecteur pour une cité qui a du mal à faire parler d’elle. « On a l’aligot, le roquefort, les Causses, les gorges du Tarn, mais tout ça on se l’ait fait prendre par les autres puisqu’on ne sait pas communiquer… » Le match sera une occasion pour découvrir le pays. « Ces messieurs ramasseront un cep, ces dames des fleurs, et les jeunes iront pêcher un goujon. » M. Bernard parle bien de ses lieux. Mais demande aux festoyeurs de « ne pas monter sur le toit des voitures », comme ce fut le cas après la victoire sur les Provençaux d’Avignon.

Louis Chenaille (avec J.L. à Montpellier)