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La L1 snobe-t-elle la Coupe de France ?

Cédric Hengbart et Benoit Pedretti

Cédric Hengbart et Benoit Pedretti - -

Des éliminations surprises, des équipes amorphes, des joueurs sans envie : la L1 a parfois montré un visage inquiétant ce week-end lors des 32e de finale de la Coupe de France. Accident ou tendance lourde ?

Dix clubs au tapis dès les 32e de finale. La L1 n’avait jamais connu pareille hécatombe en Coupe de France. Certains, comme Auxerre et Monaco, sont tombés contre des équipes de CFA 2 (cinquième division). D’autres ont chuté à domicile contre des formations de division inférieure. Au point de se demander si les équipes de l’élite n’ont pas délibérément snobé la compétition. Une interrogation partagée par leurs bourreaux du week-end. « Auxerre n’avait pas d’attaque contre nous, s’étonne Francis Vehent, le président de la section amateur de Wasquehal (CFA2), tombeur de l’AJA (2-1). Quand Le Tallec est sorti, il fallait vraiment regarder la feuille de match pour se persuader qu’il avait été sur le terrain. Ce n’est pas le coach Jean Fernandez qui a lâché, même si je l’ai trouvé un peu amorphe sur son banc. Ce sont bien ses joueurs qui laissé filer le match. En Coupe de France, il faut jouer avec un autre état d’esprit. Dans les vingt dernières minutes, on ne les voyait plus. Ils avaient baissé le pied. On aurait pu croire que c’était nous les pros ! »

Larqué : « Certains se voient plus beaux qu’ils ne le sont »

Un constat sans appel qui irrite certains observateurs. « Quand j'entends que certains manquent d’envie ça me dépasse, se désole Rolland Courbis. Je me demande si cette année nous n'allons pas battre des records de ‘gros’ clubs éliminés lors des prochains tours. »

C’est bien parti pour. D’autant que l’absence de motivation n’est pas la seule explication à la débâcle des professionnels. « Les footballeurs de L1 n’ont pas le talent suffisant pour se permettre de prendre par-dessus la jambe un match contre une équipe de division inférieure, assène Jean-Michel Larqué. A mon avis, certains se voient plus beaux qu’ils ne le sont. Leur attitude vire parfois à la faute professionnelle. »

Si les cadors français se font accrocher, c’est peut-être aussi parce que les amateurs ont progressé ces dernières années. « Le niveau physique s’est considérablement amélioré en amateur, jure Michel Der Zakarian, le coach de Clermont, vainqueur à Saint-Etienne (0-2). Il y a un nivellement avec les professionnels, c’est pourquoi on assiste à autant de surprises. Il y a aussi beaucoup de très bons joueurs passés par des centres de formation dans leur carrière qui émergent lors des rencontres de Coupe de France. » Et ce n’est peut-être qu’un début…

Alexandre Jaquin avec Pierre Le Clainche