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Le PSG en terrain miné

Nenê, Sissoko et Pastore

Nenê, Sissoko et Pastore - -

Sablé-sur-Sarthe vendra chèrement sa peau, ce soir face à l’ogre du PSG en 16ème de finale de Coupe de France. Face aux protégés d’Ancelotti, les Saboliens comptent bien forcer leur destin pour créer l’exploit.

« On va se battre pour qu’ils ne s’amusent pas, qu’ils ne jouent pas à la baballe. Il n’y aura pas de tapis rouge pour les Parisiens ». Olivier Pignolet, coach de Sablé-sur-Sarthe, préfère annoncer la couleur. Carlo Ancelotti et ses hommes ne doivent pas s’attendre à une simple formalité, ce soir en 16ème de finale de la Coupe de France. Mais Pignolet, entraîneur du 12ème de CFA 2 (groupe H), respecte son prestigieux adversaire. « Cela représente une grande fierté de croiser Carlo Ancelotti, souligne-t-il. Je respecte l’entraîneur mais également l’homme et le joueur. Je serai fier de lui serrer la main. Je ne l’avais même pas rêvé ». Avec néanmoins, une once de regret. « Je me serais senti plus valorisé si j’avais serré la main de Kombouaré qui se rapproche plus de ce que représente le foot amateur ».

« Loulou », comme il est surnommé au pays, porte, en effet, la fierté et le courage de cette commune de 13000 habitants en étendard avant un match qu’il appréhende comme une bataille. « Mais j’ai dit aux joueurs que courir partout et avoir envie de tout casser n’est pas la bonne solution, précise-t-il. Il faut canaliser l’énergie pour avoir la force de combattre et de les faire douter. Et puis, on n’est pas là par hasard. On a nos armes aussi ».

L’entraîneur de Sablé : « J’espère qu’ils vont nous mettre une raclée »

Si Anthony Sybille, le gardien du Sablé FC, n’exclut pas une « dérouillée », il compte bien forcer le destin. « Logiquement, on a 1 ou 2 % de se qualifier, confie-t-il. Il faut savoir saisir cette chance-là car dans toutes les épopées de Coupe, il y un facteur chance qui peut aider, un poteau rentrant au lieu d’un poteau sortant. Et vendredi, si on ne prend pas de but rapidement et que le public nous pousse (les 25000 sièges du MMArena ont trouvé preneurs, Ndlr), on sera transcendé et on se sentira pousser des ailes. » Un scénario envisagé par Ancelotti… mais vu de l’autre côté. Car pour le technicien Italien, l’entame de match sera tout aussi primordiale. « On devra être motivés dès les premières minutes… même si j’avoue ne pas beaucoup connaître Sablé ». Pour son homologue sarthois, il ne fait aucun doute que l’ex-entraîneur de Chelsea aura prévenu ses ouailles pour éviter un Locminé bis et une qualification par la petite porte, acquise dans les arrêts de jeu après un match plus que délicat. « J’espère même qu’ils vont nous mette une raclée pour montrer qu’il nous respecte », ose même Olivier Pignolet.

Du côté de Gérald Grignon, défenseur central et professeur d’EPS, « le match de Paris est un cadeau ». Lui qui promet que vendredi soir, « on ne pensera qu’à l’exploit même si le championnat reste la priorité », se fait gentiment charrier par quelques-uns de ses élèves qui débarquent à l’entraînement maillots du PSG sur le dos. « C’est pour faire plaisir au professeur dixit l’un d’entre eux. Il faut en profiter, ce n’est pas tous les jours que l’on a un prof célèbre ». Un prof qui, visiblement, s’acclimate bien de toute la pression des alentours « Là, on se prépare à l’ambiance de vendredi avec toute l‘effervescence qu’il y a autour, les médias... Il faut savoir le savourer. Et puis on sait que ça ne va durer qu’une semaine, à moins d’un exploit.» Chiche ?

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Pour MM. Fillon et Sarkozy, c’est « l’UMPico » ! |||

Nicolas Sarkozy ne sera pas à la MMArena du Mans ce vendredi pour le déplacement du PSG, opposé à l’un des petits poucets de la Coupe de France, Sablé-sur-Sarthe (CFA2, équivalent de la cinquième division). C’est dommage, l’image aurait fait le tour du pays : le président de la République assis dans la tribune officielle aux côtés de son Premier ministre, pour un match entre leur équipe de cœur respective, cela aurait eu de l’allure. Car François Fillon sera bel et bien présent, lui, accompagné de son ministre des Sports, David Douillet. L’actuel locataire de Matignon, maire de Sablé-sur-Sarthe de 1983 à 2001, n’est autre que le président d’honneur du club local. « Il n’y a rien d’anormal à ce qu’il assiste au match, assure Gérard Gaultier, le boss des amateurs sarthois. C’est vrai que sa notoriété complique un peu les choses car le déplacement du Premier ministre est quelque chose d’exceptionnel. Mais c’est un supporter de choix ! » Qui n’a pas hésité dans le passé à revêtir l’écharpe du club. Que fera-t-il ce vendredi ? Mystère. François Fillon a récemment fait ses adieux politiques à son fief historique ; il n’a d’ailleurs pas caché son émotion lors d’une récente visite dans une usine sarthoise. Le Premier ministre vise maintenant… Paris. Obligation diplomatique de réserve vis-à-vis de ses futurs électeurs ? « On entend dire qu’il est en lice pour les législatives à Paris, poursuit Gaultier. Effectivement, il y a un petit clin d’œil politique. Mais c’est marrant et je pense que ça apportera un autre intérêt à ce match, même s’il n’y en a pas vraiment besoin… ». Pour Nicolas Sarkozy, la soirée sera plus simple : malgré toute sa retenue présidentielle, son cœur battra, comme d’habitude, pour le Paris Saint-Germain, lui l’ancien fidèle de la corbeille du Parc des Princes.