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Les « affamés » contre les « spécialistes »

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Le PSG et Lille s’affrontent ce samedi au stade de France (20h45) pour une affiche inédite en finale de la Coupe de France. Tenants du titre, les Parisiens défendront un trophée que les Nordistes n’ont plus soulevé depuis cinquante-six ans.

Inamovible défenseur lillois de l’après-guerre, Marceau Sommerlynck appartient à la légende de la Coupe. Ce trophée, il l’a soulevé à cinq reprises entre 1946 et 1955. Un record seulement égalé depuis par Dominique Bathenay et Alain Roche. Impossible alors pour Sommerlynck, disparu en 2005, d’imaginer les cinquante-six ans de disette qui attendaient le club. « A l’époque, il pensait surtout à son métier de barman », rigole Guillaume Bieganski, un compagnon d’épopée.

Un demi-siècle plus tard, la Coupe célèbre avec la même passion le foot des clochers. « La Coupe de France, c'est un contexte, une atmosphère, raconte le portier Lillois Mickaël Landreau. Elle rassemble toute la famille du football. J'aime ce mélange entre amateurs et pros car nous sommes tous issus des clubs de nos villes ou villages. » Amoureux de l’épreuve, le capitaine Rio Mavuba renchérit : « La proximité avec les gens, l’odeur de la merguez qui cuit, l’accueil du public, le climat fair-play qui règne sur le terrain… On le vit vraiment comme une fête ! »

Coupet : « Tenir la Coupe, c’est fabuleux ! »

Lille l’affamé retrouve le tenant du titre parisien. La Coupe, le PSG s’en est fait une spécialité. Les huit trophées remportés, dont quatre lors de la dernière décennie, placent le PSG à deux longueurs du record absolu détenu par l’OM. Des statistiques de spécialiste, même si à Paris, on se défend de détenir la recette. « C’est hyper dur de la gagner, témoigne Coupet. J’ai quand même dû attendre mes trente-cinq ans pour vivre ma première finale. » Pour l’emporter une nouvelle fois, Guillaume Hoarau a sa petite idée : « Je me suis cassé le doigt et derrière j’ai marqué le but ! Le problème c’est que ca me gêne pour jouer de la guitare après… »

L’unique affrontement entre Lille et le PSG, lors de la deuxième journée de championnat avait accouché d’un modeste 0-0 dans le Nord. On était alors bien loin de la double confrontation décisive du mois de mai. Une semaine après la finale, les deux clubs se retrouveront en effet le 21 mai au Parc des Princes pour y jouer une 37e journée de Ligue 1 qui pourrait sceller le destin européen parisien ou ruiner les ambitions de titre lilloises. « On veut gagner les deux », ambitionne le Président Michel Seydoux. « Mais s’il y avait un choix absolu à faire, c’est vrai que le titre de champion, c’est quelque chose d’exceptionnel », tempère cependant le patron lillois. Des objectifs qui incitent à la sagesse et dans cette optique, aucune festivité n’est prévue au programme des deux clubs. Car dès mercredi, il faudra jouer la 36e journée. Une parenthèse cette finale ? Grégory Coupet s’en défend : « Tenir la Coupe dans mes mains, c’était fabuleux. »