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Nice au bout de la folie

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Nice s’est imposé à Marseille, ce mardi en 16e de finale de la Coupe de France (4-5), au bout d’un match fou, fou, foot avec neuf buts pour 90 minutes dingues sur une pelouse indigne. La défense marseillaise a sombré.

Ah, les matches entre amateurs du dimanche matin… Des pelouses indignes. Des défenses en permanence aux abois. Des buts en pagaille. Des tribunes plus que clairsemées. Des renversements de situation. Que de souvenirs. Ah non, excusez-nous. Les deux équipes dont nous parlons ne sont pas composées de joueurs amateurs. Il s’agit de l’OM et de Nice, deux formations parmi les treize meilleures de Ligue 1 si l’on se fie au classement de notre championnat. Mais parfois, le foot est fou. Fou, fou, fou. Et il transforme le choc le plus attendu des seizièmes de finale de la Coupe de France en rencontre dingue et inoubliable. Au bout de la folie, une victoire niçoise 5-4 facilitée par une désespérante défense marseillaise. L’OM n’avait plus encaissé autant de buts à domicile depuis… février 1980 et un match de D1 contre Valenciennes ! Ligne arrière, pelouse, le chantier est encore immense au Vélodrome. Six jours après l'élimination à Lyon en quart de finale de la Coupe de la Ligue, Marseille quitte l'autre Coupe nationale sur une déception, la tête basse. Si le podium ne se rapproche pas en L1, la fin de saison s'annonce morne et terne sur la Canebière.

A voir les 22 acteurs pénétrer sur une pelouse indigne du haut niveau, on s’était dit que la soirée pourrait être longue si le pré entraînait un déchet technique trop important. Bonne analyse mais inversée. Car ce déchet technique va finalement provoquer un spectacle génial pour les spectateurs, beaucoup moins pour les défenseurs et les gardiens. Au programme ? Après le déluge du ciel, une pluie de buts sur Marseille. Un scénario qui à la pure aventure footballistique. André-Pierre Gignac entamait les hostilités (1-0, 4e) mais Alexy Bosetti lui répondait dans la foulée (1-1, 5e). Débute alors le festival grand-guignolesque de la défense phocéenne, magnifié par le naufrage de Nkoulou. Premier acte ? L’intervention trop tranquille et bien ratée de Diawara, contré par un Maupay qui n’avait plus qu’à battre Mandanda (2-1, 18e). Mené par un OGCN remanié dans sa composition mais très réaliste, l’OM se réveillait peu à peu.

Retourné acrobatique pour Gignac

Un coup franc de Thauvin – sorte de centre que personne ne touche – ravivait la flamme (2-2, 24e). L’ex-Bastiais, très en jambes, en remettait trois couches (30e, 36e, 39e) et voyait Kolodziejczak sauver sur sa ligne une tête qui prenait la direction des filets. Un coup franc trop enlevé de Valbuena concluait la bonne période olympienne (41e). Et comme il était écrit que cette rencontre perdrait tout son sens, c’est… Nice qui prenait l’avantage juste avant la mi-temps grâce à Grégoire Puel. Défense marseillaise grand-guignolesque, acte II. Un grand pont sur Mendy, un crochet d’école sur un Diawara et ce dernier détournait la frappe dans le but (3-2, 45e+1). Retour aux vestiaires. Juste le temps de reprendre son souffle.

A la reprise, Gignac affolait tout de suite Hassen (46e). La folie n’avait pas quitté le Vélodrome. Un double tacle de Romao sur une contre-attaque permettait à Brüls de faire la différence sur penalty (4-2, 51e). Terminé ? Pensez donc. Le meilleur était à venir avec un… retourné acrobatique payant pour Gignac (4-3, 58e). En feu, « APG » multipliait les actions chaudes (63e, 64e). Diawara tentait de se rattraper (72e) avant d’être trop court devant Maupay (77e). On sent la rencontre capable de basculer à tout moment. Abriel va la mettre au chaud pour Nice (5-3, 88e). Enfin… Jusqu’au but de Diawara qui électrise les dernières secondes (5-4, 93e). Mandanda aura beau monter sur le dernier coup franc, plus rien ne sera marqué. Ah, les matches entre professionnels du mardi soir… Que de souvenirs.

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Alexandre Herbinet