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SeaFrance et Nice, les deux combats de Marck

Eric Vercoutre

Eric Vercoutre - -

Très impliqués dans l’opération sauvetage de la compagnie maritime, les joueurs et les dirigeants du club du Pas-de-Calais se préparent en parallèle à affronter Nice ce samedi (16h30) en 32e de finale de la Coupe de France. Avec une même volonté : vaincre.

Dans le port de Calais, jeudi matin, la tempête a cassé les amarres du Berlioz. L’un des quatre ferries de la compagnie maritime SeaFrance. Les téléphones de Didier Cappelle et Eric Vercoutre ont dû sonner. Encore et encore. Pour obtenir des renseignements sur les dégâts. Et surtout pour faire le point sur leur combat pour sauver les 880 emplois de cette filiale de la SNCF, menacée de liquidation judiciaire. Deux syndicalistes de la CFDT en liaison avec l’Elysée et le gouvernement, chaque jour de la semaine. Mais aussi deux hommes à la tête d’un club de CFA 2, l’AS Marck, qui jouera samedi (16h30) les 32e de finale de la Coupe de France face à Nice, 17e de Ligue 1.

Président et entraîneur, Didier Cappelle et Eric Vercoutre jonglent entre le destin de SeaFrance et la préparation du match. « Il faut gérer les deux, explique le premier, secrétaire général de la CFDT-maritime Nord. Ça fait 17 ans que je suis président du club, avec Eric Vercoutre comme entraîneur général. On a bien appris à séparer les choses. Ce ne sont pas les mêmes problèmes. » Il répond aux questions des journalistes, entre deux réunions, alors que son coach consacrait mercredi soir une bonne partie de l’entraînement à des coups de fil à propos d’un rendez-vous avec le ministre des Transports, Thierry Mariani. Les joueurs connaissent de toute façon le refrain pour samedi. Se battre. Comme toujours.

« Les Niçois vont repartir en pleurant »

« On y croit tous », assure Peter Merlen, barman chez SeaFrance, où il travaille depuis plus de 15 ans. Son frère Jocelyn était de l’extraordinaire aventure de Calais, finaliste de la Coupe de France en 2000 contre Nantes (1-2). Alors après Reims, 2e de Ligue 2 et surpris au tour précédent (2-1), il se verrait bien éliminer un autre club pro. « Mais le plus important, ça reste le métier et l’avenir. J’espère que ce sera un beau week-end, avec une victoire contre Nice et SeaFrance qui renait de ses cendres. » Le pauvre contre le riche, la revanche du foot d’en bas sur le foot d’en haut. La causerie d’Eric Vercoutre est déjà bien avancée. Et le discours, rodé. « Les Niçois, ils vont arriver à Calais, où il fait froid, en pleurant, clame l’entraîneur. Et ils vont repartir en pleurant. » Le ton est donné. Marck ne lâchera rien. Qu’il s’agisse de SeaFrance ou de la Coupe de France.