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Une rivalité fraternelle à Ajaccio

Olivier Pantaloni, entraîneur de l'ACA

Olivier Pantaloni, entraîneur de l'ACA - -

A Ajaccio, il n’y a que 64 000 habitants. Pourtant, deux clubs de football y résident. L’ACA (L1) et le Gazelec (National), qui disputeront les 16es de finale de Coupe de France le week-end prochain. Deux formations rivales et solidaires à la fois.

Deux clubs dans les trois championnats majeurs français ! Seuls Ajaccio et Paris peuvent s’en vanter. Fondés en 1910, l’Athlectic Club Ajaccien (L1) et le Gazelec Football Club Olympique d’Ajaccio (National) se partagent la cité corse. Mais comment Ajaccio peut-elle jouir d’un tel luxe ? « C’est grâce à la culture footballistique, le travail, et la passion, explique Félix, supporter historique du Gazelec. Nous avons des joueurs de qualité à Ajaccio. C’est également grâce à des dirigeants compétents et passionnés. »
A l’origine, « le "Gaz" était le club populaire, et l’ACA le club un peu plus bourgeois », raconte Alain Orsoni, président de l’ACA. De ces différences socio-culturelles est donc née une rivalité. « Un jour, les supporters de l’AC Ajaccio ont porté un cercueil aux couleurs du club rival, poursuit Orsoni. Les fans du Gazelec ont riposté en brûlant l’Ours en place publique (symbole de l’ACA, ndlr), mais cela appartient plus au folklore qu’à autre chose.» La « Maccagna », comme l’appellent les Corses. Des petites plaisanteries pour taquiner les supporters d’en face.

L’amitié avant tout

Mais aujourd’hui, c’est plus une ambiance de fraternité que de rivalité qui règne entre les supporters des deux clubs. Même si certains « vieux supporters ne veulent toujours pas passer en voiture devant le stade rival, confesse Félix en rigolant. Mais les jeunes se connaissent bien entre eux, les uns vont chez les autres. C’est une ambiance bon enfant. » Selon François Tagliaglioli, président du Gazelec, « la rivalité est uniquement sportive ». A tel point que son homologue, Alain Orsoni, serait prêt à partager le stade si la nécessité se présentait.
« Si le Gaz accède en Ligue 2, ce qui me ferait plaisir, on s’arrangerait pour poser une pelouse synthétique à Timizzolo (les Ajacciens préfèrent appeler le Stade François Coty par son ancien nom, ndlr), et on leur mettrait à disposition les jours de matches.» Il existera toujours des petites rivalités entre supporters, mais rien n’empêchera des fans des deux camps à se lier d’amitié. Pour Daniel, un fan inconditionnel de l’ACA, c’est « l’amitié avant tout, même le sport ».